Le CGRI veut étendre la portée de ses missiles à la suite de la guerre avec Israël

'Nos missiles atteindront la portée nécessaire', dit un haut commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, laissant entendre que la limite jadis jugée suffisante pour atteindre Israël, sera relevée

Un missile de fabrication nationale « Khaibar-buster » et des banderoles représentant le portrait du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, au centre, et celui des commandantsdu Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, éliminés lors d'une frappe israélienne en juin, exposés dans le cadre d'une exposition militaire commémorant l'anniversaire du début de la guerre Iran-Irak de 1980-1988 et de la guerre de douze jours avec Israël en juin, sur la place Baharestan, à Téhéran, le 25 septembre 2025. (Crédit : Vahid Salemi/AP Photo)

La portée des missiles iraniens sera étendue jusqu’à tout point jugé nécessaire, a déclaré mercredi à l’agence de presse semi-officielle Fars un haut commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne en réponse à ce qu’il a qualifié d’exigences occidentales visant à limiter les capacités de Téhéran en matière de missiles.

Selon les responsables iraniens, ce sont les demandes des États-Unis et de certains pays européens visant à imposer des restrictions sur les capacités balistiques de l’Iran qui ont bloqué la voie à la conclusion d’un accord sur le nucléaire.

Les pays occidentaux craignent que le programme iranien d’enrichissement d’uranium ne permette à la république islamique de produire des matières pouvant servir à la fabrication d’ogives nucléaires, et que Téhéran ne cherche à développer un missile balistique en mesure de les transporter.

Les missiles iraniens ont une portée auto-imposée de 2 000 kilomètres. Une portée qui, selon les responsables, suffisait auparavant pour protéger le pays : elle permet en effet de couvrir la distance jusqu’à Israël.

Mais les lanceurs basés dans les provinces occidentales de l’Iran ont été pris pour cible par l’aviation militaire israélienne en juin. Téhéran a donc progressivement commencé à tirer des missiles depuis l’est de son territoire, nécessitant donc une plus longue portée.

« Nos missiles atteindront la portée qui sera nécessaire », a indiqué Mohammadjafar Asadi, inspecteur adjoint du quartier général militaire central de Khatam al-Anbiya, à l’agence de presse Fars.

Des Iraniens passant devant un panneau d’affichage montrant des photos de scientifiques nucléaires, de centrifugeuses et une phrase en farsi : « La science est le pouvoir » sur la place Enqelab à Téhéran, le 29 août 2025 (Crédit : AFP)

Il a ajouté que la puissance et la portée des missiles iraniens avaient limité la guerre survenue en juin à seulement 12 jours, laissant ainsi entendre que disposer d’une portée plus importante améliorerait les capacités du pays si une autre guerre avec Israël éclatait dans un avenir proche.

Israël a déclenché la guerre en lançant une offensive de grande envergure qui visait les principaux chefs militaires iraniens, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques, invoquant la nécessité absolue d’empêcher la république islamique d’accomplir son projet avoué de détruire l’État juif.

L’Iran a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Le pays a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux n’ayant aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires, et a développé ses capacités en matière de missiles balistiques. Israël a affirmé que l’Iran avait récemment pris des mesures en vue de se doter d’armes nucléaires.

Une partie d’un missile balistique tiré depuis l’Iran, vue en Cisjordanie, le 29 juin 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

En riposte aux frappes israéliennes, l’Iran a lancé plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones sur Israël. Selon les autorités de santé et les hôpitaux, ces attaques ont tué 31 personnes et en ont blessé plus de 3 000 autres en Israël.

Au total, 36 missiles et un drone ont touché des zones peuplées, endommageant 2 305 habitations dans 240 immeubles, ainsi que deux universités et un hôpital, et provoquant le déplacement de plus de 13 000 Israéliens.

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