Le chef de la diplomatie libanaise accuse le Hezbollah d’être « au service de l’Iran » et plaide pour un Liban « normal »

Interrogé sur une éventuelle normalisation avec Israël, le ministre a adopté une position prudente, soulignant que la priorité immédiate demeurait un cessez-le-feu et la résolution des questions sécuritaires

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, à Beyrouth, le 7 janvier 2026. (Crédit : Anwar Amro/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères libanais, Youssef Raggi, a multiplié ces derniers jours les déclarations critiques à l’égard du Hezbollah et de l’Iran, affirmant que le mouvement terroriste chiite libanais constituait « une seule et même entité au service de l’Iran » et qu’il avait entraîné le Liban dans des conflits contraires aux intérêts du pays.

Dans un entretien accordé à LCI, M. Raggi a ainsi rejeté la distinction souvent établie par certains pays occidentaux entre branche politique et branche militaire du Hezbollah. « Faire la différence entre la branche politique et la branche militaire du Hezbollah n’est absolument pas réaliste », a-t-il déclaré, estimant que l’organisation agissait comme un instrument de Téhéran destiné à déstabiliser le Moyen-Orient.

Dans une interview publiée par Le Figaro, le chef de la diplomatie libanaise est allé plus loin encore, affirmant que le Hezbollah était aujourd’hui « complètement défait » sur le plan militaire et stratégique dans le sud du Liban, tout en conservant une influence importante au sein des institutions de l’État. Selon lui, le désarmement du mouvement ne vise pas à satisfaire Israël ou les États-Unis mais répond à une aspiration nationale : « Nous voulons simplement vivre dans un pays normal. »

M. Raggi a également accusé le Hezbollah d’avoir « entraîné le Liban dans une guerre de laquelle on n’arrive plus à se sortir », jugeant que « l’option militaire a prouvé son inefficacité ».

Concernant l’Iran, le ministre a distingué le peuple iranien de ses dirigeants, qualifiant la République islamique de « problème pour le Proche-Orient » et de « grand problème pour le Liban ». Dans les colonnes du Figaro, il a décrit le régime iranien comme un pouvoir « totalitaire » qui utilise le Liban comme levier dans son affrontement avec Israël et les États-Unis.

Interrogé sur une éventuelle normalisation avec Israël, évoquée récemment par le président américain Donald Trump, M. Raggi a adopté une position prudente. « Il faut rêver à la paix », a-t-il déclaré sur LCI, tout en soulignant que la priorité immédiate demeurait un cessez-le-feu et la résolution des questions sécuritaires au sud du Liban.

Le ministre a toutefois salué la décision du président libanais et du Premier ministre d’accepter des négociations directes avec Israël sous médiation américaine afin de parvenir à une désescalade. Il a également insisté sur le fait que l’avenir du Liban ne devait pas être négocié dans le cadre d’un éventuel accord entre Washington et Téhéran. « Nous n’acceptons pas que quelqu’un négocie à notre place ou signe des accords en notre nom », a-t-il affirmé au Figaro.

Malgré les tensions régionales persistantes, Youssef Raggi a dit espérer que, d’ici cinq ans, le Liban aura retrouvé sa pleine souveraineté et sera débarrassé à la fois des armes du Hezbollah et de l’influence des Gardiens de la révolution iraniens.

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