Le chef de l’armée de l’air israélienne confirme l’annulation de frappes contre l’Iran, la semaine dernière
Selon le major général Omer Tischler, « toute l'armée de l'air était prête pour une vaste opération de frappes » visant des centaines de cibles iraniennes, mais celle-ci a été annulée « une heure avant le décollage »
Dans une lettre adressée mardi aux soldats, le chef de l’armée de l’air israélienne, le major général Omer Tischler, a confirmé l’annulation, durant la récente vague de combats, d’une campagne de frappes de grande envergure prévue contre l’Iran.
Avant cette annulation, la semaine dernière, l’armée de l’air avait effectivement frappé certaines cibles en Iran, en réponse aux tirs de missiles iraniens sur Israël.
« Parallèlement à la bataille défensive, l’armée de l’air a lancé une offensive à 1 500 kilomètres de son territoire. En l’espace de quelques heures, elle a frappé des dizaines de cibles en Iran, infligeant des dégâts considérables au système de défense antiaérienne iranien, et touchant d’autres composantes du régime », a-t-il écrit.
Mais l’opération de plus grande envergure qui devait suivre n’a pas eu lieu. Dans l’après-midi du 8 juin, « toute l’armée de l’air était prête à décoller pour une vaste opération de frappe » incluant des attaques contre « des centaines de cibles au cœur de l’Iran », a indiqué Tischler.
Cependant, a-t-il ajouté, « la frappe a été suspendue tandis que nous faisions le briefing auprès des unités, à peine une heure avant le départ ».
Selon certaines informations, cette frappe aurait été annulée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu suite aux instructions du président américain Donald Trump, qui lui avait demandé de ne pas provoquer d’escalade dans le conflit avec l’Iran.
Des affrontements ont éclaté entre Israël et l’Iran la semaine dernière, les premiers depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu au début du mois d’avril.
Après que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tiré des roquettes sur le nord d’Israël, Israël a répondu en frappant Beyrouth, déclenchant une riposte de l’Iran qui a envoyé 24 missiles balistiques sur Israël. Les Houthis, alliés yéménites de l’Iran, ont également tiré deux missiles contre Israël. Israël a réagi en menant deux vagues de frappes contre la République islamique contre des infrastructures militaires et énergétiques.
Au cours de la première vague de frappes, les avions de l’armée de l’air israélienne ont touché neuf systèmes de défense antiaérienne iraniens, dans l’ouest et le centre de l’Iran. Lors de la deuxième vague, ils ont visé trois usines d’un complexe pétrochimique dans le sud-ouest de l’Iran, des infrastructures qui servaient, selon l’armée, à la fabrication de matériaux pour les missiles.
Selon certaines informations, à la suite de cet échange de tirs, Trump aurait sommé Netanyahu de suspendre toute nouvelle attaque. Le président américain, qui a déclenché la guerre fin février en partenariat avec Israël, a expliqué à la chaîne d’information israélienne N12 qu’il avait averti Netanyahu que si Israël intensifiait les combats, il pourrait se retrouver seul sur le champ de bataille.
Le président et le Premier ministre se sont entretenus à plusieurs reprises au cours des affrontements de la semaine dernière. Trump appelait à mettre fin à la reprise des hostilités, tandis que Netanyahu défendait la nécessité des frappes israéliennes.
Netanyahu avait donné son feu vert à une opération de grande envergure contre l’Iran, qui devait avoir lieu plus tard dans la journée. Mais peu après, Trump l’a appelé et lui a intimé l’ordre de suspendre toute nouvelle attaque, afin de permettre à Washington de négocier un accord pour mettre fin à la guerre. Netanyahu a accepté et annulé l’opération, alors même que les avions étaient prêts à décoller.
Dimanche, les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord pour mettre fin à la guerre, lequel inclurait également un engagement à mettre un terme aux hostilités au Liban. Malgré cela, si les combats entre Israël et le Hezbollah au Liban se sont apaisés lundi, ils n’ont toutefois pas cessé complètement.