Le chef de l’OTAN défend Trump et ménage les Européens

« L’Iran est un exportateur de chaos dans la région et dans le monde depuis de nombreuses années. Ne soyons pas naïfs à ce sujet », a rappelé le secrétaire général de l'OTAN

Montage photos (de gauche à droite) : Le président nouvellement élu des États-Unis, Donald Trump, le 13 novembre 2024 ; le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, le 13 novembre 2024. (Crédits : Saul Loeb ; Wojtek Radwanski/AFP)

Jeudi, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a tenté de défendre Donald Trump et la guerre qu’il mène contre le régime iranien, tout en justifiant les réticences des Européens à rejoindre les États-Unis dans ce conflit.

« L’Iran est un exportateur de chaos dans la région et dans le monde depuis de nombreuses années. Ne soyons pas naïfs à ce sujet », a-t-il affirmé devant la presse.

« Et ce que les États-Unis font actuellement, c’est réduire cette capacité. Et oui, je m’en félicite », a-t-il souligné.

Critiqué par certains responsables politiques européens pour ce parti pris, Rutte a expliqué que tous les Alliés partageaient le constat du danger que représentent les capacités nucléaires ou balistiques de l’Iran.

Ensuite, a-t-il expliqué, les Européens ont certes tardé à répondre aux demandes des États-Unis, notamment concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, mais pour de « bonnes raisons ».

Ils n’ont pas été avertis des frappes américano-israéliennes, les États-Unis voulant, à juste titre, garder le secret, ce qui a eu pour effet de retarder leur réponse, a-t-il expliqué.

« C’est toujours un risque : si l’on informe trop de monde, des informations peuvent fuiter. Mais l’inconvénient, c’est aussi que cela prend du temps pour que les Européens s’organisent », a-t-il affirmé.

« La bonne nouvelle, c’est que plus de 30 pays se sont engagés à se réunir pour discuter de la manière de garantir le maintien de la liberté de navigation » à terme, une fois les hostilités finies, a-t-il ajouté.

« Et cela répond exactement à la demande du président Trump », a encore assuré Rutte.

L’ancien Premier ministre néerlandais se livre depuis des mois à un exercice d’équilibriste entre les invectives du président américain à l’encontre des alliés européens, qu’il a notamment qualifiés de « lâches », et le souci de les défendre sans fâcher Trump.

Interrogé à plusieurs reprises jeudi sur les récentes critiques de Trump à l’égard des alliés européens, il a refusé de commenter, soulignant au contraire l’influence positive du président américain sur le renforcement de l’Alliance.

L’an dernier, les 32 pays de l’OTAN se sont engagés à consacrer au moins 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses militaires et de sécurité d’ici 2035.

« Sans Trump, je ne pense pas que cela serait arrivé », a-t-il fait valoir.

read more: