Le chef de Tsahal n’aurait pas lu le rapport sur la mise en œuvre des réformes issues du 7 octobre

L'armée israélienne a indiqué qu'Eyal Zamir ne pouvait pas examiner le rapport qu'il a commandité au moment où les soldats se préparent à l'offensive sur Gaza City - il s'en occupera dès que les conditions le permettront

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, rencontre des officiers supérieurs le 13 août 2025. (Crédit : Tsahal)

Le chef d’État-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a reporté sine die l’examen d’un rapport qu’il avait commandé afin d’évaluer la mise en œuvre des conclusions des enquêtes internes menées par l’armée israélienne sur le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, a fait savoir Tsahal.

Zamir a reçu le rapport en début de semaine – mais l’armée a invoqué les opérations en cours à Gaza pour expliquer qu’il n’aurait pas le temps de l’examiner pour l’instant. L’armée israélienne se prépare à lancer une offensive majeure pour conquérir Gaza City, offensive qui devrait durer plusieurs mois.

« Compte tenu des circonstances opérationnelles, compte-tenu de l’attention portée par le commandement et au vu de la nécessité de se concentrer sur la campagne dans laquelle l’armée israélienne est engagée, l’examen complet du rapport est reporté à une date ultérieure », a annoncé Tsahal dans un communiqué. « Dès que les conditions le permettront, le rapport sera présenté au Forum de l’État-major général et le processus d’élaboration et de mise en œuvre de ses conclusions se poursuivra ».

Le rapport a été préparé par un groupe d’anciens officiers supérieurs chargé d’évaluer les enquêtes de l’armée israélienne, de superviser la mise en œuvre de ses conclusions et de recommander de nouvelles investigations si nécessaire.

La commission, dont les membres ont été nommés par Zamir en mars, est dirigée par le général de division à la retraite Sami Turgeman, ancien chef du commandement sud de l’armée israélienne, et comprend dans ses rangs l’ancien chef de la Marine, le vice-amiral à la retraite Eli Sharvit, l’ancien chef de l’armée de l’air, le général de division à la retraite Amikam Norkin, et d’autres officiers supérieurs qui ont terminé leur carrière militaire.

Le communiqué de l’armée israélienne indique que la Commission « a achevé son travail dans son intégralité » et dans les délais prévus.

De gauche à droite : le chef d’état-major adjoint de Tsahal, le général Tamir Yadai, le chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, le chef du Commandement du Nord, le général Ori Gordin, et le chef de la Direction des opérations, le général Itzik Cohen, à la frontière syrienne, le 16 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Zamir avait créé la commission après qu’une enquête de l’armée israélienne a révélé que l’armée avait eu du mal à organiser la riposte, le jour de l’attaque sanglante du 7 octobre, les bases les plus proches de la frontière ayant été envahies et la chaîne de commandement rompue, en proie au chaos.

Ces investigations sont entrées dans le détail des informations systématiquement mal interprétées au fil des ans. Elles ont évoqué la dépendance excessive des militaires envers un système d’alerte anticipé dans la préparation de sa défense, soulignant le degré de supériorité numérique des terroristes par rapport aux soldats, ce jour-là, et décrivant l’incapacité des soldats à comprendre les actions du Hamas au moment de l’attaque.

Au moment de la nomination de la commission, l’armée israélienne avait fait savoir qu’elle reflétait « l’engagement profond de Tsahal en faveur des processus d’apprentissage, de rationalisation et d’amélioration, en particulier en temps de guerre, et en faveur d’une analyse et d’un examen des enseignements opérationnels, professionnels et organisationnels’.

L’annonce faite par Zamir est intervenue alors que l’armée est en conflit avec le bureau du contrôleur général de l’État au sujet des enquêtes menées par cette instance sur le massacre du 7 octobre. Les militaires ont demandé à la Cour suprême de suspendre cette enquête, arguant qu’elle était inappropriée au moment où les soldats étaient déployés sur un front brûlant à Gaza. Le contrôleur a rétorqué que l’armée israélienne ne faisait que retarder l’enquête.

Le contrôleur aurait récemment transmis les premières ébauches de ses conclusions à plusieurs anciens hauts fonctionnaires.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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