Le chef du Shin Bet aurait comparé les ingérences électorales présumées au 7-Octobre et à la guerre de Kippour

Cité par les médias, David Zini estime que ces allégations sont « la plus grande attaque terroriste stratégique » de l'histoire d'Israël ; des sources l'accusent de « perdre son sang-froid » et d'utiliser des renseignements « partiels et presque trompeurs »

Le directeur du Shin Bet, David Zini, assistant aux funérailles d'un Israélien, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 27 mars 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le directeur du Shin Bet, David Zini, a comparé les ingérences étrangères présumées dans les élections israéliennes qui ont eu lieu la semaine dernière aux invasions éclair qui ont déclenché la guerre à Gaza et la guerre de Kippour, a rapporté la télévision israélienne.

« À mon sens, l’affaire de l’argent versé ici pendant les élections a rappelé les défaillances du 7-Octobre. C’est notre Kippour. C’est la plus grande attaque terroriste stratégique de l’histoire du pays », aurait déclaré Zini, selon la chaîne N12, à l’occasion d’une récente conférence du Shin Bet, évoquant tant le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas en 2023 que l’invasion arabe surprise de 1973 – les deux catastrophes les plus meurtrières de l’histoire d’Israël en matière de sécurité.

Zini aurait également cherché à faire transférer des agents des secteurs palestiniens vers une équipe spéciale mise en place pour enquêter sur ces allégations. Mais cette mesure n’a pas été mise en œuvre, l’équipe ayant estimé qu’elle n’était pas nécessaire.

La chaîne a aussi cité une source des forces de l’ordre proche des investigations, laquelle a affirmé que le Shin Bet avait déployé des moyens spéciaux dans le cadre de l’enquête à un degré « dépassant les limites du raisonnable » au vu des preuves disponibles.

Des sources du Shin Bet qui se sont confiées à la chaîne ont expliqué que Zini « croit sincèrement que des événements extrêmement graves se sont produits » et qu’il « mobilise les ressources au sein de ses services de manière inconsidérée ».

Ces sources ont également accusé Zini de « perdre son sang-froid » et de dresser un tableau « partiel et presque trompeur » sur la base de renseignements isolés.

La chaîne N12 a par ailleurs fait savoir que le Shin Bet examinait trois canaux présumés par lesquels des acteurs étrangers hostiles auraient pu transférer de l’argent en Israël dans le but d’influencer les élections.

L’une de ces voies avait été identifiée avant le scrutin du 27 octobre. Les enquêteurs disposeraient de « preuves solides » concernant l’origine et la destination de ces fonds. Toutefois, le montant en cause a été jugé « quasi négligeable ».

Deux autres canaux présumés n’ont été mis au jour qu’après les élections et reposent sur des preuves plus limitées, d’après le média.

(De gauche à droite) : Dean Livne, directeur par intérim de la commission électorale centrale, David Zini, chef du Shin Bet, Noam Sohlberg, président de la commission électorale centrale, et Gali Baharav-Miara, procureure générale, dans un message vidéo publié le 1ᵉʳ novembre 2026. (Crédit : Autorisation)

Jeudi également, des responsables du Shin Bet et de la police sont convenus de mettre en place une cellule d’intervention conjointe chargée d’enquêter sur ces allégations en collaboration avec le parquet général, ont indiqué des médias israéliens.

Le juge Noam Sohlberg, président de la Commission centrale électorale, a annoncé dimanche la création d’une équipe conjointe réunissant des membres du Shin Bet, de la police et du parquet général ; toutefois, cette cellule d’intervention ne s’est pas réunie, et la procureure générale Gali Baharav-Miara a accusé le Shin Bet de dissimuler des preuves.

Les accusations d’ingérence étrangère font suite à des allégations du Likud, le parti de Netanyahu, qui a laissé entendre que les élections du 27 octobre avaient été « volées » par les partis arabes, invoquant des faits de corruption, d’intimidation, de falsification et d’autres irrégularités après une participation arabe record qui a contribué à priver le bloc de Netanyahu de sa majorité parlementaire.

Le lendemain, Sohlberg a chargé Zini d’enquêter sur « de graves soupçons » selon lesquels des entités étrangères œuvrant contre les intérêts israéliens avaient financé des actions visant à influencer le scrutin.

D’après les informations rapportées à ce moment-làk ces allégations concernaient un prétendu financement qatari ou turc destiné à inciter les Arabes à voter.

Depuis, Sohlberg a dénoncé la stigmatisation des électeurs arabes, affirmant que les ingérences présumées n’auraient pas pu influencer le résultat du scrutin, et ajoutant que c’était la remise en cause des résultats électoraux qui constituait le « véritable danger ».

Vous avez apprécié cette lecture ? Rejoignez notre communauté et contribuez à faire vivre une information indépendante et de qualité. Merci de votre soutien !

read more: