Le débat sur une séparation des sexes à l’université suscite une fronde de l’opposition
Une protestation symbolique à la Knesset a marqué l'examen d'un amendement visant à étendre les cursus non mixtes dans les établissements d'enseignement supérieur
Mercredi, des députés de l’opposition ont organisé une protestation contre la séparation des sexes au sein de la commission de l’Éducation de la Knesset, alors que celle-ci débattait d’un amendement soutenu par la coalition visant à modifier la loi sur les droits des étudiants afin d’augmenter le nombre de filières universitaires non mixtes dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur mixtes.
À l’origine, cet amendement visait à permettre aux établissements mixtes de proposer des programmes de master et de doctorat non mixtes destinés aux étudiants religieux, la séparation devant se limiter aux salles de cours et la participation devant être volontaire. Ses partisans ont fait valoir que cela rendrait l’enseignement supérieur plus accessible aux femmes religieuses, qui, sans cela, ne seraient pas disposées à poursuivre des études supérieures.
Les délibérations de la commission ont depuis élargi la portée de cette mesure aux programmes de premier cycle et étendu la séparation au-delà des salles de cours à d’autres zones du campus.
En signe de protestation, les députés de l’opposition Naama Lazimi (Les Démocrates), Adi Ezuz et Yasmin Fridman (Yesh Atid) ont installé des pancartes « Hommes » et « Femmes » dans la salle de la commission.
« Si vous comptez séparer le monde universitaire, pourquoi ne pas séparer la Knesset ? », ont demandé les députés, appelant avec sarcasme à la ségrégation de la commission elle-même.
La députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), l’une des principales promotrices du projet de loi, a accusé Lazimi – une juive pratiquante issue d’un milieu massorti (conservateur) – de « haïr les femmes religieuses ».
Lazimi a rejeté ces accusations et a tenté de répondre, mais le président par intérim de la commission, le député Yossi Taieb (Shas), l’a expulsée de la séance.
« Les partisans du projet de loi cherchent à créer une réalité dans laquelle une femme naît en croyant qu’elle est impure et qu’elle ne doit pas être vue dans les espaces publics, y compris dans l’enseignement supérieur, tandis qu’un homme grandit en considérant les femmes comme quelque chose d’interdit, dont il doit être tenu à l’écart dès sa naissance jusqu’à l’obtention de son doctorat. Ce n’est pas normal », a affirmé Lazimi à la suite de cet incident.
Ce projet de loi a suscité une vive opposition de la part des parlementaires et des responsables juridiques. Les députés de l’opposition ont averti qu’il pourrait conduire à une ségrégation entre les sexes encore plus poussée et ont posé la question suivante : « Et ensuite ? Des trottoirs séparés ? »
Ils ont déposé 1 181 réserves à l’encontre de ce projet de loi, que la commission examine encore, tandis que les représentants du ministère de la Justice font valoir que cette proposition porte atteinte au principe d’égalité et ne poursuit aucun objectif légitime.