Le député libanais Samy Gemayel appelle à négocier avec Israël

Il a vivement critiqué le Hezbollah, le rendant responsable de la situation actuelle, à force de 'continuer à provoquer, provoquer, et provoquer Israël'

Le député libanais Samy Gemayel, sur France 24, le 1er avril 2026. (Crédit : Capture d’écran France 24)

Le député libanais Samy Gemayel a estimé, dans un entretien accordé à France 24, qu’il n’existait « pas d’autre choix » que de négocier avec Israël.

Président du parti Kataëb (centre droit), il réagissait notamment à des déclarations du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui a réaffirmé il y a quelques jours que l’armée israélienne prévoyait de détruire toutes les habitations des villages libanais proches de la frontière israélo-libanaise, « sur le modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza », aujourd’hui détruits.

Si le député juge la menace « inacceptable », il souligne : « Nous n’avons pas le choix, il faut négocier » afin d’« essayer de limiter la casse autant que possible ». Pour lui, le Liban doit en effet choisir « le moins pire des scénarios », l’autre option étant « l’occupation » ou « la destruction du pays ».

Le responsable politique a par ailleurs vivement critiqué le Hezbollah. « Israël est rentré et s’est retiré à trois ou quatre reprises, et à chaque fois, l’Iran et le Hezbollah reprennent leur souffle et recommencent à utiliser le Liban comme base arrière. […] Ça fait des années qu’Israël dit n’avoir aucune ambition territoriale au Liban, et le Hezbollah continue à provoquer, provoquer, et provoquer Israël ». Selon lui, le groupe terroriste libanais « porte la responsabilité » de la situation actuelle et du discours d’Israel Katz.

« On sait ce qu’Israël a fait à Gaza, et on sait ce qu’ils peuvent faire au Liban. Donc quand on touche à cet ogre-là, il faut s’attendre à des réactions violentes comme celle qu’on entend aujourd’hui de la part du ministre de la Défense israélien. »

Ainsi, il appelle à ce que l’État libanais « reprenne le contrôle de [son] territoire » et « applique les décisions du gouvernement, qui sont : un désarmement et une démilitarisation de toutes les milices armées au Liban, pour que le Liban puisse être le seul maître à bord et qu’il puisse négocier en position de force avec Israël, et imposer un retrait israélien ».

Il a également rejeté l’idée que le Hezbollah soit un parti pleinement libanais, le qualifiant de « succursale » des Gardiens de la révolution iraniens.

Dans ce contexte de fortes tensions, Samy Gemayel a appelé à faire une distinction entre la communauté chiite libanaise et le Hezbollah, affirmant que les Libanais, toutes confessions confondues, partageaient davantage entre eux qu’avec des puissances extérieures.

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