Le fournisseur d’eau de Gaza reprend ses services après la libération de son employé par le Hamas

L'exploitant de l'usine de dessalement dit que son employé est en bonne santé ; il s'excuse pour le 'malentendu' avec les chefs du Hamas, qui refusent tout commentaire

Des Palestiniens viennent chercher de l'eau potable dans une usine de dessalement à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 août 2025. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Une entreprise de Gaza dont les usines de dessalement de l’eau approvisionnent près de la moitié de la population de l’enclave a déclaré mardi avoir repris ses activités, après que les forces de sécurité dirigées par le Hamas ont libéré un employé de la société qu’elles avaient arrêté lundi.

Dans un communiqué, la société Abdul Salam Yassin, qui approvisionne en eau plus d’un million de personnes, a annoncé avoir décidé de reprendre ses activités maintenant que le problème était règlé. Elle a ajouté que son employé était « en bonne santé ».

La société a présenté ses excuses pour ce qu’elle a décrit comme un « malentendu » ayant conduit à la détention de son employé. Elle a également réaffirmé son respect pour le gouvernement administré par le Hamas à Gaza.

Les responsables du gouvernement du Hamas ont refusé de commenter cette arrestation. Une source a confirmé mercredi que l’employé avait été libéré, sans toutefois donner plus de détails sur les motifs de sa détention.

Cette décision de suspendre les activités a constitué une rare manifestation de dissidence à l’encontre du Hamas, qui dirige l’enclave palestinienne depuis 2007. Des manifestations ont brièvement éclaté en mars et avril, réclamant la fin de la guerre et l’abandon du pouvoir par le Hamas. Mais elles se sont essoufflées après une mise en garde, selon laquelle les troubles publics ne seraient pas tolérés.

Le groupe terroriste a progressivement repris le contrôle des zones de Gaza dont les forces israéliennes se sont retirées conformément aux termes d’un accord de cessez-le-feu conclu le 10 octobre, alors que les négociations sur l’avenir du territoire palestinien ravagé par la guerre se poursuivent.

Un garçon remplit une bouteille en plastique avec de l’eau dans un camp pour Palestiniens déplacés, installé dans une école transformée en refuge dans le quartier d’Al-Rimal, à Gaza-City, le 5 novembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Israël a cessé d’approvisionner Gaza en eau et en électricité au début de la guerre déclenchée par le massacre perpétré par le Hamas dans les communautés du sud le 7 octobre 2023. L’État hébreu a toutefois, ensuite, partiellement assoupli le blocus des services publics.

La plupart des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement de Gaza ont été détruites, et les pompes qui puisent dans ses nappes dépendent souvent de l’électricité fournie par de petits générateurs. Mais le carburant nécessaire aux générateurs est rarement disponible, en raison des restrictions imposées par Israël sur les livraisons dans l’enclave, au motif du risque de détournement vers le Hamas.

Le travail de cette entreprise est vital pour la population de Gaza, où l’eau potable est rare. Elle possède trois grandes usines de dessalement et 80 autres plus petites réparties sur l’ensemble du territoire. Elle exploite également plus de 70 camions qui acheminent des conteneurs d’eau à travers Gaza.

Le plan en 20 points du président américain Donald Trump pour Gaza après la guerre, dont le cessez-le-feu constituait la première phase, stipule que le Hamas doit déposer les armes et renoncer à tout rôle futur dans la gouvernance de l’enclave. Mais la question de savoir qui le remplacera n’a pas encore été tranchée.

Le Hamas refuse de rendre ses armes. Les forces israéliennes contrôlent toujours environ la moitié de la bande côtière de Gaza.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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