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Le futur propriétaire du Beitar Jérusalem aurait des antécédents commerciaux douteux

Un ancien employé et des associés affirment que Stéphane Melloul a évité des paiements et a fermé plusieurs entreprises

Les fans du Beitar Jérusalem J.C lors d'un match entre leur équipe et le Ashdod F.C. au Teddy Stadium, à Jérusalem, le 17 mars 2021. (Crédit :  Flash90)
Les fans du Beitar Jérusalem J.C lors d'un match entre leur équipe et le Ashdod F.C. au Teddy Stadium, à Jérusalem, le 17 mars 2021. (Crédit : Flash90)

L’homme d’affaires juif franco-israélien Stéphane Melloul, futur propriétaire de l’équipe de football du Beitar Jérusalem, a été accusé par un ancien employé et des partenaires d’affaires de ne pas les avoir payés, alors que des informations font état d’un bilan commercial irrégulier.

« Même si je ne suis pas un fan inconditionnel de football, je pense que cette personne devrait être arrêtée, elle est dangereuse pour le Beitar Jérusalem », a déclaré Daniel Dahan, qui a été employé par Melloul il y a environ neuf ans, à la Chaîne sportive israélienne vendredi.

Dahan a déclaré que Melloul lui avait offert un emploi alors qu’il se trouvait dans une situation financière difficile.

« Nous avons signé un contrat de travail, pour moi tout s’est bien passé. J’ai commencé à travailler pour lui et après le premier mois, je n’ai pas reçu mon salaire. Il m’a dit ‘il y a des problèmes avec le compte, avec la banque' », a déclaré Dahan.

« J’étais naïf, j’ai dit ‘pas de soucis, il a probablement de vrais problèmes avec la banque’, je n’étais pas stressé », a-t-il dit. « Nous sommes arrivés au deuxième mois de travail, je lui ai dit que cette fois aussi le salaire n’était pas rentré, et il a commencé à trouver des excuses », a dit Dahan, ajoutant qu’il avait démissionné peu après.

M. Dahan dit avoir engagé un avocat pour tenter d’obtenir son salaire impayé, mais l’entreprise avait déjà fermé ses portes. « Il n’y avait personne à qui parler. Au bout du compte, je n’ai pas vu un seul euro. »

Selon une autre information, publiée pour la première fois en décembre 2020 et citée jeudi par le site d’information Walla, Melloul a pris la propriété d’un petit abattoir français à une famille en proie à des difficultés financières, car ils espéraient qu’il serait en mesure de les maintenir à flot. Mais à peine 10 mois plus tard, Melloul a fermé l’entreprise, licenciant les 12 employés.

Plusieurs personnes liées à l’abattoir ont déclaré que Melloul ne payait pas ses fournisseurs et s’endettait de plus en plus avant la fermeture de l’établissement.

Melloul a blâmé les difficultés causées par la pandémie de coronavirus, et a affirmé qu’il n’avait découvert les difficultés financières de l’entreprise qu’après l’achat, une affirmation rejetée par la famille, qui a déclaré que tout avait été clarifié à l’avance.

M. Melloul a commenté le témoignage de M. Dahan auprès de la Chaîne sportive.

« Il devait travailler pour moi. Je lui ai dit que s’il travaillait bien, il aurait 5 000 euros par mois. Il ne nous a pas fait gagner un demi-shekel, il ne vendait rien, c’est comme si vous ne travailliez pas et que vous demandiez un salaire », a-t-il déclaré.

Dans la même interview, il a déclaré « ne pas être venu pour faire sa publicité, mais pour acheter le Beitar Jérusalem. Il y a l’intérêt financier et publicitaire ici, mais celui du club, pas le mien. Je viens seul, je n’ai besoin de personne à mes côtés, je suis assez fort pour posséder le Beitar Jérusalem ».

« Je ne suis pas seulement un Juif français, je suis Israélien depuis 1985, ce n’est pas la même chose. Je suis allé à l’oulpan de Maagan Michael, mais je ne parle pas très bien l’hébreu », a-t-il ajouté.

Jeudi, le Beitar Jérusalem a annoncé qu’il allait être vendu à Melloul, alors que son propriétaire actuel, Moshe Hogeg, fait face à des allégations de crimes sexuels et de fraude financière massive.

Les deux parties mèneront un court processus de ce qu’on appelle en droit la diligence raisonnable, puis signeront un accord final pour la vente, a déclaré l’équipe.

Melloul transférera un million de dollars dans un trust dans le cadre de l’accord en tant que garantie pour l’exécution de la vente, et après la vente, il assumera toutes les responsabilités du club, a déclaré l’équipe. Il devrait devenir officiellement propriétaire du club dimanche, après le versement des fonds.

L’annonce n’a pas révélé le montant final de vente.

Moshe Hogeg, propriétaire du Beitar Jérusalem, vu lors du match de la Premier League israélienne entre le Beitar Jérusalem et l’Hapoel Beersheba au Teddy Stadium de Jérusalem, le 25 août 2019. (Crédit : Flash90)

Hogeg a été arrêté l’année dernière pour des crimes sexuels présumés et une fraude en crypto-monnaie. Il a été détenu pendant près d’un mois avant d’être libéré en résidence surveillée moyennant une caution et d’autres garanties financières s’élevant à environ 70 millions de shekels au total.

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