Le gouvernement aurait décidé de limiter l’action de Tsahal au Liban pour ne pas perturber les négociations entre les États-Unis et l’Iran
Le cabinet du Premier ministre dément l'information relayée par Kan ; les frappes israéliennes se poursuivent au sud-Liban et des drones du Hezbollah visent les soldats, sans faire de blessés
Alors que les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent dans le sud du Liban, le gouvernement a donné pour consigne à l’armée israélienne d’éviter toute action de nature à faire échouer l’accord en cours de négociation entre les États-Unis et l’Iran, a rapporté vendredi la chaîne d’information Kan.
Selon le média, l’armée israélienne aurait reçu l’ordre de poursuivre ses opérations de précision, mais d’éviter toute escalade plus générale susceptible de compromettre les efforts déployés par les États-Unis pour conclure avec Téhéran un accord visant à mettre fin au conflit.
Le cabinet du Premier ministre a pour sa part démenti cette information, qu’il a qualifiée de « fausse nouvelle ».
Vendredi, un haut responsable de l’administration Trump a annoncé que les États-Unis étaient sûrs à « 80 à 85 % » de parvenir à conclure un accord de paix avec l’Iran dans les jours à venir. Selon lui, cet accord concernerait également le Liban ; toutefois, Israël conserverait son droit de légitime défense face au groupe terroriste. L’État juif, qui n’a pas pris part aux négociations, craint que cet accord ne vienne entraver sa liberté d’action.
Jeudi, un responsable de Tsahal avait fait savoir que l’armée était prête à lancer une offensive contre le Hezbollah dans la ville de Nabatieh, au sud du Liban. On ignore pour l’instant si cette opération aura lieu, compte tenu des nouveaux ordres qui auraient été donnés.
La ville de Nabatieh est située au nord-ouest du château de Beaufort, que l’armée israélienne a repris à la fin du mois dernier, après l’avoir quitté il y a 26 ans. Le responsable de l’armée a ajouté que, selon les décisions des dirigeants israéliens, les forces pourraient soit progresser vers Nabatieh, soit se diriger vers l’ouest et poursuivre leurs opérations contre le groupe terroriste le long du fleuve Litani.
Les combats se sont poursuivis vendredi. L’armée de l’air israélienne a indiqué avoir frappé et détruit cinq lance-roquettes du Hezbollah utilisés pour tirer sur les soldats dans le sud du Liban, ainsi qu’un centre de commandement et des membres du groupe terroriste chiite repérés près des forces israéliennes. Elle a également publié des images de ces frappes.
L’armée a par ailleurs affirmé avoir récemment éliminé plus de dix commandants de terrain du Hezbollah, qui coordonnaient les combats contre les soldats israéliens dans le sud du Liban.
Vendredi, un drone attribué au Hezbollah a frappé une zone militaire dans le nord d’Israël, à proximité de la frontière libanaise, sans faire aucun blessé. Les sirènes ont retenti dans plusieurs villes de Galilée occidentale, déclenchées par la présence du drone et par les tentatives d’interception. Un autre drone, lui aussi attribué au Hezbollah, a déclenché les sirènes dans la région de la Galilée ; il a été intercepté au-dessus d’une zone du sud du Liban où opèrent les forces israéliennes.
Plus tôt dans la journée, deux drones attribués au Hezbollah se sont abattus près des soldats israéliens déployés dans le sud du Liban, sans toutefois faire de blessés ni causer de dégâts. Ces « cibles aériennes suspectes » ont déclenché les sirènes d’alerte anti-drone dans plusieurs localités de la Galilée occidentale.
Israël a peiné à repousser les attaques de plus en plus fréquentes menées contre ses soldats dans le sud du Liban et le nord d’Israël par les drones FPV (à vision subjective) du Hezbollah, qui sont largement inaccessibles aux technologies de brouillage. Le groupe terroriste a également fait usage de roquettes et d’autres types de drones, frappant aussi bien des cibles militaires que civiles.
Vendredi, l’armée israélienne a en outre révélé que ses soldats avaient mené, il y a quelques semaines, un raid dans le village de Dibbine, au sud du Liban, à environ 12 kilomètres au nord de la frontière israélienne et au nord de la « ligne de défense avancée » de Tsahal, qui délimite la zone de sécurité établie par Israël au Sud-Liban.
Selon l’armée, ce raid a permis aux soldats de localiser des dépôts d’armes « conséquents ». Au cours de cette opération, l’armée de l’air israélienne a également frappé une cinquantaine de cibles, détruisant des dizaines de sites du Hezbollah et tuant des membres du groupe terroriste chiite. L’armée a ajouté que le village était utilisé par le Hezbollah pour organiser des attaques, notamment des tirs de missiles antichars, contre les forces armées et Israël.
La vague actuelle de conflits a débuté lorsque le Hezbollah a ouvert le feu à l’aide de roquettes et de drones sur le nord d’Israël, en soutien à l’Iran, quelques jours après que les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à la République islamique, fin février.
Le cessez-le-feu conclu en avril au Liban a volé en éclats. Les combats se sont poursuivis, malgré un nouvel accord de cessez-le-feu conditionnel annoncé la semaine dernière à Washington, à l’issue de pourparlers entre le Liban et Israël.
L’Iran insiste pour que le Liban soit inclus dans tout accord visant à mettre fin à la guerre qui fait rage au Moyen-Orient.