Israël en guerre - Jour 202

Rechercher

Le Hamas dit avoir besoin d’une trêve pour pouvoir donner à Israël la liste des otages vivants

Une autre personnalité du Hamas dit que "la balle est dans le camp d'Israël" en ce qui concerne la conclusion d'un accord mais les États-Unis affirment le contraire

Des Israéliens se rassemblent pour la remise en liberté des otages de Gaza à la Knesset, le 4 mars 2024. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens se rassemblent pour la remise en liberté des otages de Gaza à la Knesset, le 4 mars 2024. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Israël et le Hamas se sont mutuellement attribué, lundi, la responsabilité de l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations portant sur un accord de cessez-le-feu temporaire – qui prévoirait, en échange, la libération d’otages détenus par le groupe terroriste dans la bande de Gaza. Au même moment, les officiels égyptiens et américains ont fait part d’un optimisme prudent sur la finalisation d’un éventuel futur accord de ce type.

Un responsable du Hamas a aussi affirmé que le groupe terroriste ne transmettrait pas à Israël la liste des captifs qui sont encore en vie – une demande expressément formulée par l’État juif -, disant qu’il fallait d’abord faire une pause dans les combats, sur le terrain, pour que le groupe terroriste puisse collecter les informations nécessaires.

Les médiateurs et les envoyés du Hamas ont fait « des progrès significatifs » vers une trêve dans la bande de Gaza, a fait savoir lundi une chaîne de télévision d’État égyptienne alors que les pourparlers, au Caire, entraient dans leur second jour.

Ce que semble toutefois avoir démenti, de son côté, une personnalité de premier plan du groupe terroriste, qui a confié au journal libanais Al Mayadeen qu’il « n’y a pas de réelle avancée » dans les discussions, attribuant ce manque de progrès au « refus israélien d’apporter des réponses claires aux demandes du Hamas ».

Ces demandes, qui sont rédhibitoires pour l’État juif, portent sur un cessez-le-feu total, sur le retrait de l’armée israélienne à Gaza et sur le retour chez eux des Gazaouis qui ont été déplacés. Sans réponse favorable à ces requêtes, le groupe terroriste ne donnera aucune information sur les otages qu’il détient actuellement, a-t-il fait savoir.

Un autre officiel du Hamas dont l’identité n’a pas été révélée a déclaré à l’Arab World Press que « la balle est dans le camp d’Israël » quant aux pourparlers sur la remise en liberté des otages, après que le groupe terroriste a présenté ses doléances sur les détenus palestiniens qu’il souhaite voir libérés dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Le Hamas n’a pas donné les noms des détenus incarcérés mais le responsable a évoqué une bonne vingtaine de prisonniers qui purgent actuellement une peine de prison à vie.

La source a ajouté que le groupe terroriste ne réclamait pas un retour immédiat des Gazaouis dans le nord de la bande en raison du risque d’engorgement mais qu’il souhaitait un retour coordonné, en plusieurs phases, de 500 familles par jour pendant tout le cessez-le-feu. Il a par ailleurs réclamé l’implication de la Croix Rouge et de l’UNRWA.

Des Palestiniens se regroupent dans la rue alors que de l’aide humanitaire est parachutée sur Gaza City, le 1er mars 2024. (Crédit : AFP)

Israël avait refusé dimanche d’envoyer une délégation qui serait chargée de négocier dans le cadre de la série actuelle de discussion en raison de l’incapacité du Hamas à transmettre la liste des otages qui sont encore en vie, ce qu’avaient promis l’Égypte et le Qatar au cours d’un sommet antérieur qui était organisé à Paris.

Aux côtés des États-Unis, l’Égypte et le Qatar jouent le rôle d’intermédiaires dans les négociations entre les deux parties dans un contexte de guerre entre Israël et le Hamas qui dure depuis cinq mois. La guerre avait été déclenchée par l’attaque meurtrière lancée par le groupe terroriste au pouvoir à Gaza, le 7 octobre, dont les hommes armés avaient semé la désolation dans le sud d’Israël, se livrant à un massacre.

« Nous n’avons pas soumis de liste jusqu’à présent », a commenté Basim Naim, membre du Bureau politique du Hamas, qui s’exprimait depuis Istanbul, dans un entretien accordé lundi à la BBC. « Il est actuellement impossible de savoir exactement qui est encore en vie et qui a été tué par les bombardement israéliens, ou qui est mort de faim en raison du blocus israélien ».

Il a ajouté que les otages « se trouvent dans différents secteurs, avec différents groupes et nous avons donc appelé à un cessez-le-feu pour pouvoir collecter ces données ».

Pour sa part, le Département d’État américain a relancé son appel en faveur d’un cessez-le-feu immédiat tout en rejetant sur le Hamas la responsabilité de l’absence actuelle de finalisation d’un accord.

« Il doit y avoir un cessez-le-feu immédiat à Gaza qui permettra de libérer les otages et d’apaiser les souffrances des Palestiniens », a dit le porte-parole Matthew Miller au cours d’une conférence de presse, lundi. « Un accord qui permettrait tout cela est actuellement sur la table – le Hamas doit seulement s’en saisir ».

Miller s’exprimait après que le site d’information Axios a fait savoir que deux responsables américains avaient déclaré, dimanche, que le président américain Joe Biden, l’émir qatari cheikh Tamim bin Hamad Al Thani et le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi « s’accordent sur le fait qu’il revient dorénavant au Hamas de combler les lacunes qui restent dans les propositions ».

« Nous espérons encore pouvoir finaliser un accord d’ici le ramadan. La balle est dans le camp du Hamas », aurait indiqué l’un de ces officiels, selon Axios.

Vendredi, Biden avait, lui aussi, reconnu que même si un accord restait hors de portée pour le moment, il « espérait » encore qu’il pourrait être finalisé avant le ramadan. « Je l’espère et nous travaillons réellement très dur à ce sujet. Nous n’y sommes pas encore », avait-il dit devant les journalistes à la Maison Blanche avant de poursuivre :  » On y arrivera mais nous n’y sommes pas encore… Nous pourrions ne pas y arriver ».

Le président américain Joe Biden s’avance vers les journalistes avant d’embarquer à bord de Marine One, à la Maison Blanche, à Washington, le 1er mars 2024. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Un responsable du Hamas non-identifié a par ailleurs déclaré dimanche au Wall Street Journal que si les avancées vers un accord étaient lentes, il semblait improbable qu’il puisse être conclu avant le début du ramadan, le 10 mars, et qu’il pourrait être finalisé pendant le premier week-end du mois de jeûne musulman.

Des officiels dont les propos ont été cités par les médias israéliens, dimanche – qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat – ont indiqué que le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, n’avait pas l’intention de conclure un accord dans les prochains jours et qu’il espère une escalade des violences pendant le ramadan, qui est habituellement une période de tensions accrues entre les Palestiniens et Israël.

Dans un tel scénario, Israël s’inquiète d’une escalade qui ne se produirait pas seulement à ses frontières avec Gaza et avec le Liban mais aussi dans toute la Cisjordanie, où les crispations sont fortes, ainsi qu’à Jérusalem, où des affrontements sur la question de l’accès au mont du Temple sont largement redoutés.

Lundi également, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir — dont la proposition de limiter l’accès au mont du Temple des Arabes israéliens pendant le mois de jeûne a été rejetée, la semaine dernière, par un cabinet de guerre inquiet à l’idée de renforcer encore les tensions – a réclamé la fin des négociations sur la remise en liberté des otages tout en accusant le groupe terroriste de « retarder délibérément les pourparlers, dans le but de les poursuivre pendant le Ramadan ou de les interrompre complètement à cause du Ramadan ».

« Ces tergiversations ne font pas avancer le retour des otages, elles mettent en danger la sécurité de nos soldats, notre position et notre réputation, et nous placent dans une situation où ils nous regardent nous affaiblir lentement », a-t-il ajouté lors d’une réunion de sa faction ultranationaliste Otzma Yehudit, qui était organisée à la Knesset.

« Nous devons intensifier la guerre, c’est la seule façon de gagner », a-t-il affirmé.

Également au Parlement, lundi après-midi, les familles des otages détenus à Gaza et leurs soutiens ont manifesté silencieusement devant la Knesset au 150e jour de captivité de leurs proches.

130 otages sont encore détenus à Gaza – 31 d’entre eux seraient morts – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient été relâchées avant cette pause. Trois ont été secourus par les soldats et les corps sans vie de onze captifs ont aussi été rapatriés, notamment ceux des trois Israéliens qui, étant parvenus à échapper à leurs ravisseurs, ont été accidentellement tués par les soldats israéliens. L’armée a bien confirmé la mort de 31 otages qui se trouvent encore dans la bande, citant de nouveaux renseignements et d’autres informations obtenues par les troupes, sur le terrain. Par ailleurs, une personne, Bilha Yinon, est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre, et son sort reste inconnu.

Le Hamas détient également les dépouilles de deux soldats tués au combat en 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin. Il garderait aussi en détention deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et 2015.

Le 7 octobre, des milliers de terroristes placés sous l’autorité du Hamas avaient franchi la frontière séparant Gaza et le sud d’Israël et ils avaient semé la désolation dans les communautés – massacrant presque 1 200 personnes et enlevant 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza. Ils avaient commis des atrocités et ils s’étaient livrés à des viols et autres violences sexuelles à grande échelle.

Jurant de démanteler le groupe terroriste palestinien, Israël a lancé une campagne aérienne, terrestre et maritime sans précédent dans l’enclave côtière. La moitié environ des habitations de la bande ont été détruites ; plus d’un million de personnes ont été déplacées et la famine menace la bande.

Le ministère de la Santé du Hamas, à Gaza, a fait savoir que 30 000 Palestiniens ont perdu la vie dans le conflit jusqu’à présent. Des chiffres invérifiables et qui comprendraient à la fois les victimes civiles et les membres du Hamas qui ont été tués à Gaza. Dans ce bilan figurent également les personnes qui ont été tuées par les tirs de roquette errants des factions terroristes qui, manquant leur trajectoire, sont retombées dans la bande.

De son côté, l’armée israélienne déclare avoir tué plus de 13 000 terroristes du Hamas en plus d’un millier d’hommes armés qui avaient été abattus sur le sol israélien, le 7 octobre.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.