Le Hamas multiplie les taxes et perd en popularité à Gaza
Le groupe terroriste affronte un chômage élevé, des tensions avec les groupes rivaux et les provoquées par la trop lente reconstruction
Le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza a instauré de nouvelles taxes, qui seront utilisées pour payer les salaires de ses fonctionnaires (dont les hommes armés), qui sont au nombre d’environ 40 000.
Le Hamas, qui a classé ces impôts sous la rubrique « solidarité sociale », a décidé de commencer à les collecter suite à une réunion des membres du parlement qui vivent dans la bande de Gaza.
Les nouvelles taxes impliquent, entre autres, une hausse de 25 % du prix des nouvelles voitures et de 20 % du prix de la viande bovine.
Selon les commentateurs à Gaza, la population est très frustrée et déçue par le Hamas, principalement en raison de son échec pour reconstruire la bande de Gaza.
Les nouvelles taxes changent de façon constante. Une taxe instituée récemment exige que les entreprises enregistrées auprès du ministère des Affaires économiques à Gaza payent environ 500 shekels pour qu’un représentant du Hamas participe à une conférence de la société.
Le Hamas demande quelques centaines de shekels supplémentaires si la conférence est enregistrée, et si elle est reportée, le report est aussi taxé.
Les taxes les plus problématiques sont prélevées sur toutes les marchandises entrant dans la bande de Gaza via le passage frontalier de Kerem Shalom, géré par le COGAT. Même les cartouches de cigarettes transportées à partir de la Cisjordanie sont taxées. Cela signifie que le résident moyen de Gaza paie plus pour les cigarettes que son homologue de Cisjordanie, où le niveau de vie est plus élevé.
Un autre exemple est la viande : les importateurs doivent payer 50 shekels d’impôts pour tout veau qui entre dans la bande de Gaza, le prix du bœuf a augmenté. La taxe à l’importation du Hamas sur les moutons est de « seulement » 25 shekels par tête.
Mais les problèmes du Hamas ne s’arrêtent pas là. La reconstruction des milliers de bâtiments détruits pendant la guerre de l’été dernier n’a pas encore commencé ; jusqu’à présent, seuls les bâtiments qui ont été endommagés sont rétablis.
Comme si la situation économique désastreuse, avec un taux de chômage très élevé de 44 %, ne suffisait pas, les tensions entre le Hamas et les groupes salafistes de la bande de Gaza se sont intensifiées au cours des dernières semaines. Un militant salafiste a été tué mardi, quand des membres du Hamas sont venus l’arrêter pour son implication présumée dans des attentats à la bombe à Gaza.
Les groupes salafistes, dont certains se déclarent la branche palestinienne de l’Etat islamique, ou Ansar Bait Al-Maqdess, ont donné un ultimatum au Hamas : s’il ne libère pas des dizaines de leurs membres emprisonnés, il sera attaqué.
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