Le Hamas se dit ouvert à une force de maintien de la paix à Gaza

Après s'être opposé à l'ISF, le groupe terroriste déclare accepter la présence d'observateurs du cessez-le-feu, tout en exigeant l'arrêt de 'l'agression' israélienne avant tout 'processus politique'

Les membres de la famille Al-Ghafeer rompent leur jeûne pendant le mois sacré du ramadan à côté de la tente où ils s'abritent dans le port de Gaza, le vendredi 20 février 2026. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a fait savoir, dans la journée de vendredi, que son organisation terroriste était ouverte à la présence de forces internationales de maintien de la paix à Gaza. Il a toutefois rejeté toute ingérence dans les « affaires intérieures » de l’enclave.

« Notre positionnement sur les forces internationales est clair : nous voulons des forces de maintien de la paix qui surveillent le cessez-le-feu, qui veillent à son application et qui servent de tampon entre l’armée d’occupation [israélienne] et notre peuple dans la bande de Gaza, sans s’ingérer dans les affaires intérieures de Gaza », a commenté Qassem auprès de l’AFP.

Le Hamas s’était initialement opposé avec véhémence à la Force internationale de stabilisation (ISF) quand l’idée avait été présentée pour la première fois, l’année dernière, par les États-Unis dans leur plan en vingt points qui visait à mettre un terme à la guerre à Gaza. Le groupe terroriste semble toutefois avoir assoupli son opposition maintenant que l’ISF va se mettre en place et que plusieurs pays ont accepté de fournir des soldats à cette fin.

Le Hamas a expliqué dans un communiqué, jeudi soir, que toute discussion sur Gaza devait commencer par un arrêt total de « l’agression » israélienne, alors que le « Conseil de Paix » du président américain Donald Trump trace actuellement les contours de l’avenir de l’enclave, Israël insistant sur le désarmement des terroristes avant le début de la reconstruction de la bande.

Le Conseil de Paix créé par Trump s’est réuni pour sa session inaugurale à Washington dans la journée de jeudi. Plusieurs pays se sont engagés à fournir des fonds et du personnel pour la reconstruction, plus de quatre mois après la conclusion du fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

Le président américain a révélé que cinq pays — l’Indonésie, le Maroc, l’Albanie, le Kosovo et le Kazakhstan — ont accepté de fournir des milliers de soldats à l’ISF, qui est censée remplacer progressivement les soldats israéliens au sein de l’enclave.

Le commandant de la Force internationale de stabilisation, le général de division Jasper Jeffers (à droite), s’exprime devant l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair lors de la réunion inaugurale du Conseil de paix à l’Institut Donald J. Trump pour la paix, le 19 février 2026, à Washington, DC. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Mais la réunion du conseil n’a donné aucun calendrier concernant le désarmement du Hamas ou le retrait de l’armée israélienne de la bande de Gaza.

« Tout processus politique ou tout accord en cours de discussion concernant la bande de Gaza et l’avenir de notre peuple palestinien doit commencer par l’arrêt total des agressions », a fait savoir le Hamas.

Le groupe terroriste a également déclaré que les arrangements pour l’avenir de Gaza devaient commencer par « la levée du blocus et la garantie des droits nationaux légitimes de notre peuple, en premier lieu son droit à la liberté et à l’autodétermination ».

Sécurité et paix

Le Conseil de Paix a été créé après que l’administration Trump, avec l’aide de pays médiateurs – le Qatar et l’Égypte – a négocié un cessez-le-feu, au mois d’octobre dernier, afin de mettre un terme à deux années de guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

La prochaine phase du plan Trump prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif de Tsahal et le déploiement de l’ISF, avec un comité technocratique palestinien de transition qui sera chargé de superviser la gouvernance quotidienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que le Hamas devait désarmer avant que toute reconstruction ne commence, ce que le groupe terroriste a rejeté.

Les deux parties s’accusent réciproquement fréquemment de violer les termes du cessez-le-feu, qui est entré en vigueur en octobre après deux ans de guerre déclenchée par le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

Le président américain Donald Trump (au centre), entouré du vice-président américain JD Vance (à gauche) et du secrétaire d’État américain Marco Rubio (à droite), se joint aux dirigeants pour une photo de groupe lors de la réunion inaugurale du Conseil de la paix à l’Institut américain pour la paix à Washington, DC, le 19 février 2026. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

Lors de la réunion du Conseil de Paix qui a eu lieu jeudi, Trump a expliqué que plusieurs pays, principalement du Golfe, s’étaient engagés à verser plus de sept milliards de dollars pour reconstruire l’enclave.

Les Palestiniens qui se sont entretenus avec l’AFP dans la ville de Khan Younès, dans le sud de Gaza, oscillaient entre espoir et méfiance à l’égard de la réunion de Washington.

« Trump n’est qu’une force militaire qui impose ses vues au monde et ce Conseil de sécurité, dont il se vante, n’est qu’une autre porte d’entrée vers l’occupation de la Palestine, un autre visage de l’occupation sioniste », a dit Farid Abu Odeh, en référence au conseil.

Un autre Palestinien, Mohammed al-Saqqa, a expliqué qu’il priait pour que le conseil de Trump conduise à « la sécurité et la paix, et à quelque chose de mieux que ce que nous avons vécu ».

Des Palestiniens font leurs courses sous un bâtiment détruit au marché Zawiya de Gaza-City, le 18 février 2026, lors des premiers jours du mois du ramadan. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

De nombreux analystes et certains alliés des États-Unis ont fait part de leur scepticisme à l’égard du conseil, craignant qu’il ne mette les Nations unies sur la touche.

Hugh Lovatt, chercheur senior au Conseil européen des relations étrangères, a déclaré à l’AFP qu’il trouvait ce qui ressortait du conseil « très inquiétant ».

Lovatt a noté que de nombreuses idées données pour la reconstruction de Gaza provenaient de partenaires favorables à Israël, tandis que les voix palestiniennes étaient exclues.

Il a affirmé que tout indiquait qu’il s’agissait « d’un projet colonial visant à imposer un projet économique étranger sur un territoire ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a expliqué que la Commission européenne n’aurait pas dû envoyer de représentant à la réunion, car elle n’avait pas le mandat de représenter les États membres.

L’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a estimé que l’absence de contribution palestinienne et les grands projets de reconstruction subordonnés au désarmement du Hamas rendaient « difficile de prendre le Conseil de Paix au sérieux ».

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