Le Hezbollah aurait rejeté les appels libanais à se retirer d’une crête stratégique dans le sud

Selon un article, le bras de fer autour d'Ali Taher retarderait la programmation de nouvelles négociations soutenues par les US

Vue de la crête d'Ali Taher depuis le château de Beaufort, dans le sud du Liban, le 7 juillet 2026. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Selon un article paru samedi, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a jusqu’à présent rejeté les appels du gouvernement de Beyrouth lui demandant de quitter la crête d’Ali Taher, zone contestée du sud du Liban.

Le journal Nidaa Al-Watan a rapporté que les efforts déployés par le président Joseph Aoun, avec l’aide du président du Parlement et allié du Hezbollah Nabih Berri, pour obtenir du groupe terroriste qu’il retire ses troupes et remette le territoire à l’armée libanaise, avaient été repoussés.

Des sources anonymes ont averti que cette intransigeance pourrait conduire l’armée israélienne à intensifier et à étendre sa campagne contre le Hezbollah, et elles ont ajouté qu’Israël semblait peu disposé à faire de nouvelles concessions tant que le Liban n’aurait pas pris de mesures plus concrètes pour désarmer l’organisation terroriste.

Selon ces mêmes sources, cette confrontation a bloqué les initiatives visant à organiser à Rome la tenue d’un nouveau cycle de négociations entre Jérusalem et Beyrouth, sous l’égide des États-Unis. Rome a en effet accueilli plusieurs séries de pourparlers ces derniers mois. Ces informations laissent entendre que le soutien international à l’armée libanaise pourrait être compromis si, lors de la prochaine réunion des négociateurs, le Hezbollah contrôlait toujours la crête d’Ali Taher.

En mars, le Hezbollah a fait basculer le Liban dans le conflit généralisé au Moyen-Orient en ouvrant le feu à l’aide de roquettes sur Israël en signe de soutien à l’Iran, son commanditaire, lequel était alors la cible d’une campagne aérienne américano-israélienne. Israël a riposté aux attaques du Hezbollah par une campagne aérienne de grande envergure, et par une invasion terrestre.

Malgré le cessez-le-feu déclaré au Liban en avril, les combats se sont poursuivis, mais à une moindre échelle. Les forces israéliennes continuent d’opérer à l’intérieur d’une « zone de sécurité » autoproclamée, qui s’étend sur environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, le long de la frontière.

Ces derniers jours, Israël a intensifié ses attaques contre le Hezbollah dans le sud du Liban, et en particulier dans la région de Nabatieh, où se trouve la crête d’Ali Taher. Le groupe terroriste, pour sa part, a pris pour cible les soldats déployés dans cette zone. Samedi, les médias libanais ont fait état d’une frappe israélienne dans la ville de Nabatieh al-Fawqa, au sud du pays, une information que l’armée israélienne n’a pas encore commentée.

De la fumée s’élève des incendies provoqués par les bombardements israéliens qui ont visé la plaine de Marjayoun, dans le sud du Liban, le 25 août 2026. (Crédit : AFP)

La crête d’Ali Taher, où le Hezbollah possède une importante installation souterraine, est le théâtre de combats et de frappes israéliennes incessants. L’armée israélienne estime que certains combattants du Hezbollah sont toujours retranchés dans les tunnels creusés sous la crête. Elle a promis de « ne pas permettre aux terroristes du Hezbollah de sortir des tunnels ni de se déplacer dans la zone ».

Les forces israéliennes opèrent à l’intérieur d’une « zone de sécurité » autoproclamée, qui s’étend sur environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, le long de la frontière.

En juin, Israël et le Liban ont signé un accord-cadre dans lequel le Liban s’engageait à rétablir sa souveraineté sur son territoire grâce au « désarmement contrôlé des groupes armés non étatiques », condition préalable à un retrait progressif des forces israéliennes. Si l’État libanais, Israël et les États-Unis ont signé cet accord, le Hezbollah et ses alliés y sont hostiles.

À ce jour, Israël a retiré ses forces de trois zones pilotes dans lesquelles l’armée libanaise a été déployée. Jérusalem a affirmé qu’il ne procédera à aucun autre retrait tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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