Le Hezbollah doit désarmer « au plus vite », dit le chef chrétien Samir Geagea

Il est 'inutile de perdre davantage de temps', a déclaré le chef du principal parti chrétien au Liban

Samir Geagea, chef du parti chrétien Forces libanaises, le 4 avril 2014, à Maarab, à l'est de Beyrouth, au Liban. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla, File)

Le chef du principal parti chrétien au Liban, Samir Geagea, a appelé mardi le groupe terroriste du Hezbollah libanais chiite pro-iranien, sorti très affaibli d’une guerre avec Israël, à « remettre ses armes au plus vite » à l’Etat libanais.

Il est « inutile de perdre davantage de temps », a déclaré M. Geagea dans un entretien à l’AFP.

Le Hezbollah, qui dominait auparavant la vie politique au Liban, refuse de remettre ses armes à l’Etat malgré l’intense pression au Liban et à l’international.

Sous la forte pression des États-Unis et la crainte d’une intensification des bombardements israéliens au Liban, le gouvernement libanais a ordonné à l’armée d’élaborer un plan visant à désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année.

La formation chiite, qui conserve une importante assise populaire, a vivement critiqué ce plan et son chef Naïm Qassem a répété qu’il refusait de désarmer.

« Le Hezbollah, de la manière dont il agit actuellement, se place en dehors du jeu politique », a ajouté M. Geagea, estimant qu’il agissait « comme s’il défiait l’autorité de l’Etat ».

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, prononçant un discours télévisé depuis un lieu tenu secret, sur une image de la chaîne de télévision Al-Manar, le 29 novembre 2024. (Crédit : Al-Manar/AFP)

Selon lui, les autorités libanaises devaient faire preuve d’une plus grande « détermination » dans cette affaire.

Le Hezbollah est la seule formation à avoir conservé ses armes après la guerre civile (1975-1990), au nom de la « résistance » contre Israël. Les Forces Libanaises (FL) de M. Geagea ont par contre livré leur armes au sortir de la guerre.

La leçon du Hamas

Dès le lendemain du pogrom du 7-Octobre, la formation pro-iranienne avait ouvert un « front de soutien » depuis le sud du Liban en attaquant Israël pour aider son allié, le Hamas palestinien, à Gaza.

Les violences ont dégénéré en guerre ouverte de septembre à novembre 2024, et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah ainsi que ses principaux chefs militaires ont été éliminés par Israël.

Hassan Nasrallah, alors chef du Hezbollah, lors de ce que le bureau a déclaré être une « discussion exclusive » avec des membres du bureau du guide suprême iranien Ali Khamenei, à une date et dans un lieu inconnus, le 28 septembre 2019. (Crédit : KHAMENEI.IR/AFP)

« Honnêtement je n’ai pas compris cette guerre de soutien, dont l’issue était évidente », a dit M. Geagea, chef du principal bloc parlementaire chrétien, qui a reçu l’AFP à Maarab, sa résidence et le siège du parti dans la montagne libanaise.

« Il est évident que le Hezbollah doit retenir ce qui se passe actuellement avec le Hamas. C’est une raison supplémentaire de remettre ses armes à l’État au plus vite », a-t-il martelé.

Israël et le Hamas ont entamé lundi en Égypte des pourparlers indirects visant à libérer les otages et à mettre fin à deux ans de guerre à Gaza, dans le cadre d’un plan annoncé par le président américain Donald Trump prévoyant un cessez-le-feu immédiat, le désarmement du mouvement et son exclusion de la gouvernance du territoire.

M. Geagea a enfin regretté que la décision du Hezbollah sur son armement « soit entre les mains de son parrain iranien », estimant que « plus il tarde à remettre ses armes, plus il perd la possibilité de rester un acteur politique majeur au Liban ».

Malgré le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes au Liban en visant des membres de la formation pro-iranienne et l’accusant de tenter de reconstituer ses forces.

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