Le « judéoréfractaire » de Chirassimont
Dans un petit village de la Loire, les déclarations sur les réseaux sociaux d’un habitant se revendiquant « judéoréfractaire » ont suscité une vive controverse et la comparution du monsieur devant le tribunal judiciaire de Roanne en comparution immédiate
Dans un petit village de la Loire, les déclarations sur les réseaux sociaux d’un habitant se revendiquant « judéoréfractaire » ont suscité une vive controverse et la comparution du monsieur devant le tribunal judiciaire de Roanne en comparution immédiate.
À Chirassimont, un habitant a déclenché une vive polémique après avoir tenu sur X des propos controversés, quand bien même son auteur, un homme de 48 ans, ancien du Rassemblement National (RN), prétendait refuser l’épithète d’« antisémite » au profit de « judéoréfractaire ».
Une distinction qui n’a pas convaincu de nombreux observateurs et responsables locaux, pour qui ce type de discours s’inscrit dans une rhétorique pour le moins dangereuse.
Selon un article publié dans le quotidien Le Pays, l’homme assume ses prises de position, qu’il présente comme une critique d’ordre politique ou idéologique. Ou de l’humour mal compris… « C’est de l’humour gras, de la caricature, comme du Charlie hebdo, a-t-il affirmé. Ce que j’ai fait, ce sont des blagues de mauvais goût, comme il y en a eu d’autres, mais que la justice n’a pas jugé bon de poursuivre. »
Loin de faire profil bas, l’homme – sous contrôle judiciaire depuis le 23 février dernier après une plainte de la LICRA suite à une remontée de Pharos – a persisté et signé, tenant à nouveau des propos choquants à la barre du tribunal de Roanne le 22 avril où il était jugé en comparution immédiate pour « apologie publique de crime ou de délit et contestation publique de l’existence de crime contre l’Humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale ».
Quand le président du tribunal a demandé au prévenu de préciser ce qu’il entendait par « la fable de la Shoah », celui-ci a répondu : « Même si la Shoah a eu lieu, il y a eu d’autres fables à côté, ce que je conteste c’est l’existence des chambres à gaz car, techniquement, ce n’était pas possible », avant de s’indigner du fait que la Shoah soit « le seul fait historique protégé par une loi ».
X, il le dit, est pour lui son jardin secret, son terrain d’expression, son exutoire favori. Se présentant comme « mécréant goy de luxe » et « révisionniste », il dit : « X, c’est idéal pour moi. Je dois cracher ma haine quand je vais mal et j’ai pas envie de frapper ma femme ou mes mômes (sic), alors je vais sur X et je balance une grosse vanne. Je préfère ça à aller agresser une vieille ou voler une bagnole. Je ne veux pas faire de mal dans la vie réelle. Que les gens me traitent de nazi et d’antisémite, j’adorais, mais je voulais pas que mes enfants voient ça.»
Le tribunal de Roanne n’aura pas été convaincu par le prévenu et l’a condamné à huit mois de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans, à 70 heures de travaux d’intérêt général et à une obligation de soins psychologiques. À la LICRA, partie civile du procès, il devra enfin verser 1 000 euros, au titre du préjudice moral.
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