Le Koweït en deuil après la mort d’une Iranienne de 11 ans dans une attaque de drone iranien

Le père d'Elena Abdullah Hussein raconte que sa fille dormait paisiblement chez elle lorsqu'elle a été mortellement frappée par des éclats d'obus

Des personnes portant le cercueil contenant la dépouille de la petite Elna Abdullah Nea, tuée lors d'une frappe iranienne au Koweït, au cimetière de Sulaibikhat, à l'ouest de la ville de Koweït, le 4 mars 2026. (Crédit : Yasser al-Zayyat/AFP)

Elena Abdoullah Hussein, âgée de seulement 11 ans, a dit à son père qu’elle l’aimait, puis est allée se coucher à Koweït, la ville où vit sa famille originaire d’Iran.

Peu après, des débris d’un drone iranien ont percuté sa chambre, la tuant dans son sommeil.

Sa famille s’était réfugiée dans la cave de leur immeuble dès le début des attaques menées par l’Iran dans le Golfe, en réponse à la campagne américano-israélienne sur son territoire.

Mais, mercredi soir, alors que les bombardements semblaient ralentir, la famille a décidé de remonter dans leur appartement.

« Elena m’a appelé environ deux heures avant la frappe et m’a dit : ‘Papa, j’ai dîné et je vais me coucher […] Je t’aime’, raconte son père, Abdullah Hussein, qui travaillait tard ce jour-là dans son entreprise de textile.

« C’était comme si elle essayait de me dire adieu », ajoute-t-il, la voix étranglée par les larmes.

Le père (2ᵉ à droite) de l’enfant iranienne Elna Abdullah Nea, tuée lors d’une frappe iranienne sur le Koweït, reçoit des condoléances au cimetière de Sulaibikhat, à l’ouest de Koweït City, le 4 mars 2026. (Crédit : Yasser al-Zayyat/AFP)

L’AFP a rencontré la famille éplorée lors des funérailles de l’enfant, au cimetière de Sulaibikhat, à Koweït, en présence de centaines de personnes. Sa mère, trop bouleversée par le chagrin, n’a pas souhaité s’exprimer.

Hussein dit avoir été touché par le soutien témoigné à la famille au Koweït. De nombreuses personnes lui ont exprimé leur solidarité et présenté leurs condoléances.

Situé juste en face de l’Iran, de l’autre côté du golfe Persique, le Koweït abrite une importante communauté iranienne au sein de sa population étrangère, qui représente environ 70 % des habitants de ce petit émirat.

« Un don de Dieu »

Lors des obsèques, certaines de ses jeunes amies portaient des sweats à capuche blancs frappés de sa photo.

Lorsque les éclats d’un drone iranien ont frappé le toit de l’appartement familial, situé au deuxième étage, la fillette dormait paisiblement avec sa petite sœur, légèrement blessée, et sa mère, qui est sortie indemne de l’attaque.

Les secours ont tenté de la réanimer dans l’ambulance puis à l’hôpital, mais elle a succombé à ses blessures.

« C’était un don de Dieu […] et Dieu a voulu qu’elle retourne auprès de lui, et nous louons Dieu pour sa décision », a déclaré son père.

Le corps de l’un des deux soldats de la marine koweïtienne tués en service lors des attaques iraniennes à la roquette et au drone contre le Koweït descendu dans la tombe lors de leurs funérailles, au cimetière de Sulaibikhat, à Koweït City, au Koweït, le 3 mars 2026. (Crédit : Jaber Abdulkhaleg/AP)

Huit des treize personnes tuées dans le Golfe depuis le début de la guerre opposant Israël et les États-Unis à l’Iran se trouvaient au Koweït.

La plupart des victimes étaient des militaires américains et koweïtiens, mais le bilan inclut aussi deux civils, dont la jeune Elena.

Les États-Unis maintiennent une importante présence militaire au Koweït depuis qu’ils sont venus en aide à l’émirat, envahi par l’Irak en 1990.

L’oncle de la petite fille, Mohamed Hussein Abdoullah, confie que la famille, encore sous le choc, « n’a pas encore trouvé la force d’annoncer la nouvelle à sa petite sœur ».

« Le choc est immense […] Sa mère et les autres enfants pleurent sans arrêt », témoigne-t-il.

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