Le Kurde Nizar Amidi élu président de l’Irak
Le président dispose désormais de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être Nouri al-Maliki
Samedi, le Parlement irakien a élu Nizar Amidi à la présidence du pays. Il doit à présent choisir un Premier ministre pour un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient.
Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur dans le pays, la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde, la fonction de Premier ministre à un chiite et la présidence du Parlement à un sunnite.
Amidi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède à Abdel Latif Rachid.
Âgé de 58 ans, il est le candidat de l’une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan.
Amidi a été ministre de l’Environnement entre 2022 et 2024 dans le gouvernement du Premier ministre sortant, Mohammed Chia al-Soudani.
Il a également été conseiller des anciens présidents de la République, Jalal Talabani, Fouad Massoum et Barham Saleh.
Après les élections législatives de novembre, la date de l’élection du président avait initialement été fixée à janvier, mais elle a été reportée à deux reprises en raison de désaccords politiques, retardant ainsi la nomination d’un Premier ministre.
Le président dispose désormais de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être Nouri al-Maliki.
Déjà Premier ministre à deux reprises (entre 2006 et 2014), Maliki a reçu en janvier le soutien de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et entretient des liens avec Téhéran, pour redevenir Premier ministre.
Ce probable retour au pouvoir de Maliki avait suscité de vives inquiétudes à Washington.
Maliki avait initialement bénéficié du soutien américain après l’invasion de 2003 et la chute de Saddam Hussein, mais il s’était brouillé avec Washington après s’être rapproché de l’Iran.
L’Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les États-Unis et l’Iran, les gouvernements successifs tentant de maintenir un équilibre délicat entre ces deux partenaires, eux-mêmes ennemis.
Samedi, les États-Unis et l’Iran ont eu de courtes discussions à Islamabad pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu durable après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient.
L’Irak a été happé par le conflit, des groupes terroristes pro-République islamique attaquant des intérêts américains dans le pays, et ces mêmes groupes ont été la cible de frappes imputées aux États-Unis et à Israël.
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