Le Liban arrête le fils du défunt chef des Frères musulmans recherché par l’Égypte

Un fonctionnaire judiciaire, s'exprimant sous couvert d'anonymat, déclare que Beyrouth demandera un dossier sur Abdul Rahman al-Qaradaoui avant de décider de son extradition

Capture d'écran d'une vidéo d'Abdul Rahman al-Qaradaoui, fils du défunt chef spirituel des Frères musulmans, alors qu'il marche dans la mosquée des Omeyyades, à Damas, en Syrie, en décembre 2024. (Crédit : X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Le fils du prédicateur Youssef al-Qaradaoui, éminence grise des Frères musulmans égyptiens, a été interpellé au Liban à son retour de Syrie, a indiqué dimanche à l’AFP un responsable judiciaire.

Abdel Rahmane al-Qaradaoui a été arrêté samedi au poste-frontière de Masnaa en raison d’un « mandat d’arrêt […] motivé par un verdict de la justice égyptienne », selon le responsable libanais s’exprimant sous anonymat.

Qaradaoui a été condamné par contumace à cinq ans de prison en Egypte pour « incitation au terrorisme et opposition à l’Etat », a-t-il précisé.

En Egypte, le renversement en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, avait ouvert la voie à une violente répression de ses partisans, arrêtés par milliers et condamnés à la peine de mort ou à de lourdes peines de prison.

Le Liban demandera à l’Egypte le dossier du prédicateur afin que la justice libanaise puisse déterminer « si les conditions sont réunies pour une extradition », a-t-il dit, précisant que la décision finale reviendra au gouvernement.

Le prédicateur Youssef al-Qaradaoui est décédé en 2022 après plusieurs décennies d’exil au Qatar. Il avait été emprisonné à plusieurs reprises en Egypte pour ses liens avec la confrérie des Frères musulmans.

Abdul Rahman Youssef al-Qaradaoui, fils de l’érudit islamique Youssef al-Qaradaoui, prenant la parole lors d’une manifestation pour dénoncer la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, devant le siège du consulat d’Arabie saoudite, à Istanbul, le 5 octobre 2018. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Son fils, mobilisé au moment du Printemps arabe et des manifestations en 2011 ayant entraîné la chute de Hosni Moubarak, est aussi un virulent critique du pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi, le chef de l’armée qui a renversé Morsi avant d’être élu président.

Un ami de la famille Qaradaoui a assuré à l’AFP que le fils est détenteur de la nationalité turque et qu’il rentrait d’une visite en Syrie, où des groupes rebelles islamistes ont renversé le 8 décembre le pouvoir du dictateur syrien Bashar el-Assad et instauré de nouvelles autorités à Damas.

Depuis la mosquée des Omeyyades dans la capitale syrienne, Qaradaoui s’était filmé se réjouissant de la chute d’Assad, mettant en garde le peuple syrien et son nouveau leadership contre « les régimes malveillants » qui pourraient oeuvrer contre eux « aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Egypte. »

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