Le Liban déterminé à désarmer le Hezbollah, assure son président

Joseph Aoun, en désarmant le Hezbollah, remplirait l'une des conditions requises par la communauté internationale pour accorder son aide au Liban

Des hommes armés du groupe terroriste libanais du Hezbollah effectuent un exercice d'entraînement dans le village d'Aaramta, dans le district de Jezzine, au sud du Liban, le 21 mai 2023. (AP Photo/Hassan Ammar, fichier)

Le président Joseph Aoun a assuré jeudi que les autorités libanaises, soumises à une intense pression américaine, étaient déterminées à désarmer le Hezbollah et ce malgré le refus du groupe terroriste pro-iranien, qui affirme qu’une telle mesure servirait Israël.

Les autorités veulent « retirer les armes de tous les groupes armés, y compris le Hezbollah, et les remettre à l’armée libanaise », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une prise de parole devant les troupes, à l’occasion de la Fête de l’Armée.

La veille, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, avait estimé dans un discours que toute demande de désarmer son organisation revenait à « servir le projet israélien ».

Il a accusé l’émissaire américain Tom Barrack, qui a appelé au désarmement de sa formation, de recourir à la « menace et à l’intimidation » dans le but « d’aider Israël ».

Le Hezbollah est sorti affaibli d’une guerre avec Israël, mais conserve une partie de son arsenal, dont des missiles.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le mois de novembre 2024, Israël continue de mener des frappes régulières sur le territoire libanais, affirmant viser le Hezbollah qui s’abstient de riposter.

Un responsable libanais, qui a requis l’anonymat, a indiqué à l’AFP que le gouvernement était « soumis à une intense pression internationale et régionale pour s’engager formellement, en Conseil des ministres, à désarmer le Hezbollah ».

Le président Aoun a révélé que les autorités libanaises avaient introduit des modifications à « des idées » soumises par les Etats-Unis sur le désarmement du Hezbollah.

Ce plan doit être discuté la semaine prochaine en Conseil des ministres afin « d’établir un calendrier d’application », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, le Liban demande « l’arrêt des hostilités » de la part d’Israël, son retrait de cinq points qu’il occupe toujours en territoire libanais, et la libération des prisonniers libanais, a poursuivi le chef de l’Etat.

Le président libanais nouvellement élu, Joseph Aoun, passant en revue la garde d’honneur à son arrivée au Parlement libanais lors de sa prestation de serment en tant que nouveau président, à Beyrouth, au Liban, le 9 janvier 2025. (Crédit : Hussein Malla/AP)

– « Occasion historique » –

Le président Aoun a appelé « toutes les parties politiques » à « saisir une occasion historique » pour que l’armée et les forces de sécurité s’assurent de détenir « le monopole des armes (…) sur l’ensemble du territoire libanais, afin de regagner la confiance de la communauté internationale ».

Il a affirmé que le Liban traversait une « phase cruciale, qui ne tolère aucune provocation de quelque côté que ce soit, ni aucune surenchère nuisible et inutile ».

« Pour la millième fois, j’assure que mon souci de garder le monopole des armes découle de mon souci de défendre la souveraineté du Liban et ses frontières, de libérer les terres libanaises occupées, et d’édifier un Etat qui accueille tous ses citoyens (…) dont vous en êtes un pilier essentiel », a-t-il ajouté, s’adressant au public du Hezbollah.

« Aujourd’hui, nous devons choisir entre l’effondrement et la stabilité », a ajouté Joseph Aoun, qui a hérité, à son élection en janvier, d’un pays ruiné par une crise économique inédite.

Pour venir en aide au Liban, la communauté internationale exige le désarmement des groupes armés et la mise en place de réformes économiques structurelles.

Le Hezbollah est l’unique formation armée libanaise ayant conservé ses armes après la fin de la guerre civile en 1990, au nom de la « résistance » contre Israël.

Les autorités se sont également engagées à désarmer les groupes palestiniens armés qui contrôlent des camps de réfugiés dans le pays, mais n’ont pas encore mis en oeuvre cette décision.

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