Le ministère de l’Énergie présente sa stratégie pour les énergies renouvelables à l’horizon 2035

Le plan qui sera soumis au président précise les mesures nécessaires pour augmenter de plus du double la production d'énergie renouvelable, lever les obstacles et améliorer la coordination

Un nouveau champ solaire à Timna, dans le sud d'Israël, construit par EDF Renewables Israel et inauguré officiellement le 15 décembre 2021. (Crédit : EDF Renewables Israel)

Le ministère de l’Énergie et des Infrastructures doit présenter mercredi au président et à son forum sur le climat son nouveau plan stratégique national pour les énergies renouvelables.

Ce plan, soumis à consultation publique jusqu’au 18 juin, fixe un objectif de 26 gigawatts de capacité installée en énergies renouvelables, principalement solaire, à l’horizon 2035. À ce jour, seuls huit gigawatts ont été installés ; quatre gigawatts supplémentaires sont en cours de construction.

À la fin de l’année dernière, seuls 16 % de l’électricité du pays étaient issus d’énergies renouvelables, bien loin de l’objectif de 20 % qui avait été défini pour 2025. Israël se classe ainsi à l’avant-dernière place du classement de l’OCDE en matière de production d’énergies renouvelables. Pour 2030, l’objectif national a été fixé à 30 %.

Selon le document, si le potentiel technique est bien présent (25 gigawatts) et que les entrepreneurs sont nombreux à proposer des projets approuvés, le principal problème réside non pas dans un manque d’intérêt, mais dans le réseau électrique lui-même. Celui-ci a en effet atteint ses limites.

La Compagnie israélienne d’électricité (IEC) a obtenu un prêt de 40 milliards de shekels remboursable sur 45 ans, qui lui permettra de financer l’extension du réseau jusqu’en 2030.

Une fois pleinement opérationnel, ce réseau pourra prendre en charge suffisamment d’énergie supplémentaire pour atteindre l’objectif de 30 % dans les dix ans à venir, ou dans les deux années qui suivront.

Lignes électriques, le 28 janvier 2026. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Mais la longueur des procédures de planification et la complexité de la réglementation, entre autres problèmes, pourraient sérieusement compromettre la mise en œuvre du projet.

En outre, aucune coordination n’existe entre les organismes gouvernementaux concernés. Alors que le pays dispose de ressources foncières limitées, l’Autorité des terres d’Israël privilégie les grands parcs solaires, source de revenus grâce à la vente des terrains. Les autorités chargées de l’aménagement du territoire et le ministère de la Protection de l’environnement souhaitent quant à eux que les panneaux solaires soient installés sur des infrastructures existantes, notamment les toits et les terrains de sport, afin de protéger autant que possible les espaces ouverts. Le ministère des Finances, pour sa part, s’oppose à cette option dite « à double usage » au motif qu’elle est en partie subventionnée par les deniers publics. Le ministère de l’Agriculture, enfin, est favorable à l’agrovoltaïque (qui produit de l’électricité tout en fournissant de l’ombre aux cultures), mais souhaite disposer de davantage de temps pour évaluer et développer cette nouvelle technologie.

Le plan examine les avantages et les inconvénients de différentes combinaisons d’installations au sol et à double usage, et propose une répartition qui traduit ce que le ministère estime être le meilleur équilibre entre le coût, la faisabilité, l’utilisation efficace des terres et la distance par rapport aux consommateurs.

Eli Cohen, ministre de l’Énergie. (Crédit : Shlomi Amsalem, Service de presse du gouvernement)

Les 14 gigawatts qui restent à construire avant 2035 proviendraient de l’agro-voltaïque (5 gigawatts), des champs solaires (4,5 gigawatts), d’installations à double usage (4 gigawatts) et de technologies innovantes et de niche, telles que l’énergie marémotrice (0,5 gigawatt).

Outre la définition d’objectifs, ce plan stratégique présente des mesures concrètes, qui visent à améliorer la planification et à lever les obstacles à la mise en œuvre. Il requiert un investissement de 15,5 milliards de shekels pour atteindre l’objectif de 35 %, dont une partie est déjà inscrite dans le budget de 40 milliards de shekels alloué à l’extension du réseau national.

« La production d’électricité à partir d’énergies renouvelables contribue à renforcer la sécurité énergétique de l’économie israélienne. Elle favorise la diversification des sources d’énergie et la réduction de la pollution atmosphérique, ainsi que la satisfaction des besoins croissants liés à la révolution de l’IA », a souligné le ministre de l’Énergie, Eli Cohen.

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