Le ministre chinois des Affaires étrangères dit qu’Israël doit mettre fin à la « création forcée » d’implantations
Wang Yi a tenu ces propos lors d'une rencontre avec le président Isaac Herzog ; il s'est aussi entretenu avec son homologue de l’Autorité palestinienne lors du sommet de Bakou
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a dit au président Isaac Herzog qu’Israël devait mettre un terme à la « création forcée » d’implantations en Cisjordanie et il a ajouté que l’État juif devait revenir sur cette politique, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué qui a été diffusé dans la journée de vendredi.
La Chine a toujours soutenu que la question palestinienne constituait la plus grande injustice historique de ce siècle, a noté Wang lors de son entretien avec Herzog à Bakou, en Azerbaïdjan, a ajouté le ministère chinois.
Wang a estimé que la promotion de la paix et de la réconciliation dans la région constituait la « pierre angulaire » de la politique chinoise au Moyen-Orient, Pékin considérant que seule la « solution à deux États » permettra de régler le conflit. Il a ajouté que la priorité immédiate était d’ouvrir pleinement l’accès à la bande de Gaza afin d’empêcher qu’une « catastrophe » humanitaire ne se propage.
La Chine est disposée à collaborer avec la communauté internationale pour inciter toutes les parties à reprendre dès que possible le dialogue et la concertation, et à rechercher un règlement politique du conflit, a ajouté Wang.
Selon le bureau de Herzog, le président israélien a échangé avec Wang en marge du sommet de la Conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie – une conférence qui a eu lieu jeudi à Bakou – afin de discuter « des relations bilatérales » en mettant l’accent sur les « liens économiques, commerciaux et culturels ». Interrogé sur les discussions entre les deux hommes qui ont concerné la question de la Cisjordanie ou celle des Palestiniens, son bureau n’a pas souhaité faire de commentaire.
Herzog a également rencontré le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdul Latif Al Zayani.
Au cours de son discours, Herzog a appelé à renforcer les liens diplomatiques et économiques d’Israël avec les pays asiatiques.
« Je dis à tous les pays voisins, à toutes les nations de cette région et d’Asie, qu’Israël souhaite et s’efforce de renforcer la collaboration et d’élargir le cercle de la paix. Mais il faut que ce soit clair : la paix ne peut exister avec la terreur, et la coopération ne peut prospérer avec les boycotts », a dit Herzog devant le sommet des dirigeants internationaux.
« Les membres de cette institution ont le droit de vivre librement et en paix sans que leur existence soit constamment menacée », a-t-il ajouté.
Dans son discours, Herzog a appelé à forger des relations fondées sur des « intérêts communs » et il a salué la réussite des accords d’Abraham, les accords qui avaient permis à Israël de normaliser ses liens avec des pays arabes – et qui, a-t-il affirmé, ont su montrer « comment des intérêts convergents peuvent transformer les réalités politiques ».
Il a salué d’un signe de la tête les représentants de Bahreïn et des Émirats arabes unis qui étaient présents dans l’assistance.
« Israël a beaucoup à apporter à l’Asie en ce 21e siècle dans les domaines de la technologie et de la science, de la gestion de l’eau et de l’innovation, des pratiques agricoles de pointe, de l’énergie, du tourisme, des technologies financières, de la santé, de l’intelligence artificielle, et bien plus encore », a continué Herzog. « Nous nous considérons véritablement comme faisant partie intégrante du continent asiatique et nous souhaitons lui apporter notre contribution ».
Quand Herzog a entamé son discours, les représentants de l’Iran, du Pakistan, de la Turquie, de l’Autorité palestinienne et du Koweït ont quitté la salle.
L’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, est pour sa part resté.
Par ailleurs, Wang a réaffirmé son soutien aux Palestiniens et il a déclaré que la Chine continuerait à défendre la cause palestinienne, selon un communiqué qui a été transmis par son ministère.
« La question palestinienne ne doit pas être marginalisée », a déclaré Wang à son homologue de l’Autorité palestinienne, Varsen Aghabekian Shahin, lors du sommet de Bakou.
Wang a exhorté « tous les pays épris de paix » à soutenir la solution à deux États, selon le communiqué.
Israël est un membre fondateur de cette organisation de consolidation de la paix qui compte 28 membres, tout comme des puissances régionales telles que l’Iran, le Qatar, la Turquie, l’Égypte et les Émirats arabes unis.
Les puissances mondiales que sont la Chine et la Russie sont également membres de la CICA, tandis que les États-Unis ont le statut d’État observateur.
Nava Freiberg a contribué à cet article.