Le ministre de la Défense nie savoir qui a tué les Dawabsha
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Le ministre de la Défense nie savoir qui a tué les Dawabsha

Yaalon aurait dit que les suspects n'ont pas été inculpés pour éviter d'avoir à révéler des sources

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les membre de la famille portant le corps du bébé palestinien, Ali Saad Dawabsha, décédé après que sa maison a été incendiée par des résidents juifs, lors de ses funérailles dans le village cisjordanien de Douma le 31 juillet 2015 (Crédit : AFP PHOTO / THOMAS COEX)
Les membre de la famille portant le corps du bébé palestinien, Ali Saad Dawabsha, décédé après que sa maison a été incendiée par des résidents juifs, lors de ses funérailles dans le village cisjordanien de Douma le 31 juillet 2015 (Crédit : AFP PHOTO / THOMAS COEX)

Les forces de sécurité ont seulement une « idée générale » de qui est responsable de l’attaque meurtrière à la bombe incendiaire dans le village palestinien de Duma, a indiqué le ministre de la Défense Moshe Yaalon jeudi, appelant les journalistes à adopter l’approche ‘attendre et voir’ dans cette affaire.

Cette déclaration semble revenir sur des commentaires attribués à Yaalon plus tôt dans la journée qui disaient qu’Israël avait traqué les auteurs de l’attaque.

Le bombardement de la maison de la famille Dawabsha en juillet a tué le petit Ali Dawabsha, 18 mois, et a mortellement blessé ses parents, qui sont morts dans les semaines suivantes.

Les décès ont provoqué la colère de la communauté israélienne et internationale. Son frère de 4 ans a survécu à l’attaque, qui a été largement attribué à des extrémistes juifs.

Yaalon, faisait écho à des affirmations faites par un haut fonctionnaire de Tsahal plus tôt cette semaine qui a rejeté la spéculation, défendue principalement par des Israéliens de droite, que l’attaque aurait été menée par des Palestiniens.

« Nous sommes malheureusement convaincus que l’attaque de Duma a été menée par les Juifs », a-t-il insisté auprès des journalistes.

Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, le 10 mars 2015 (Crédit : Ohad Zwigenberg, Pool)
Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, le 10 mars 2015 (Crédit : Ohad Zwigenberg, Pool)

« C’est l’un des groupes les plus extrémistes, dont le but était de mettre le feu à la région et de nuire à de nombreuses vies », a expliqué Yaalon. « Beaucoup plus que les attaques du ‘Prix à payer’ que nous avons rencontrées ». Il utilisait le terme populaire pour nommer les agressions juives et des actes de vandalisme menés contre les Palestiniens.

Le jeudi matin, Yaalon a été cité comme disant que les forces de sécurité connaissaient l’identité des auteurs de l’attaque mais qu’ils se sont abstenus de les inculper de peur d’avoir à exposer les sources des renseignements.

Ces remarques largement diffusées dans les médias auraient été faites lors d’une réunion avec les jeunes membres du parti du Likud avant les grandes Fêtes juives.

Pendant une rencontre avec les journalistes plus tard, il a rejeté les remarques qui lui ont été attribuées, affirmant que les identités exactes des auteurs ne sont pas encore connues. Toutefois, a-t-il ajouté, « nous avons quelques idées générales sur qui a mené les attaques ».

L'intérieur la chambre attaquée de la maison Dawabsha à Duma. Une poupée enveloppée dans un drapeau palestinien repose dans une poussette pour honorer Ali (Crédit : Eric Cortellessa / Times of Israel)
L’intérieur la chambre attaquée de la maison Dawabsha à Duma. Une poupée enveloppée dans un drapeau palestinien repose dans une poussette pour honorer Ali (Crédit : Eric Cortellessa / Times of Israel)

« Voilà pourquoi nous avons effectué des détentions administratives et signé les ordonnances restrictives – pour empêcher davantage d’incidents », a ajouté Yaalon.

La détention administrative est un outil d’application de la loi qui est controversée, dans laquelle les suspects peuvent être détenus sans jugement pour une large gamme de raisons, y compris celle qui consiste à éviter de divulguer des renseignements, a expliqué Meir Elran, un chercheur à l’Institut de réflexion sur les études sur la sécurité national.

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