Le ministre de l’Éducation suspend le test national et bloque le RAMA
Yoav Kisch a annué l'examen Meitzav et interdit d'accès les responsables de l'évaluation sur fond de litige suite à de très mauvais résultats scolaires
Le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a ordonné l’annulation temporaire de l’examen israélien Meitzav, chargé d’évaluer les compétences en langues, mathématiques et sciences des élèves de CM2 et 4e, et a interdit aux responsables de l’organisme responsable de cette évaluation, à savoir l’Autorité nationale pour la mesure et l’évaluation en matière éducative (RAMA), d’entrer dans les locaux du ministère de l’Éducation, a fait savoir le ministère dans un communiqué publié mardi.
L’examen en question se déroule habituellement en fin d’année scolaire.
Cette décision fait suite au différend entre Kisch et l’Autorité, depuis la publication de mauvais résultats et malgré les conclusions d’un examen indépendant rendant hommage au professionnalisme de la RAMA et recommandant une coopération plus étroite avec le ministère.
Kisch a remis en cause la fiabilité des résultats des tests.
Selon les informations disponibles, le conseiller juridique du ministère de l’Éducation aurait contesté la décision de Kisch lors d’une réunion en lui disant : « Vous ne pouvez pas paralyser la RAMA. ».
Selon le directeur-général du ministère, Meir Shimoni, la directive du ministre sera maintenue.
Kisch a d’ailleurs confirmé la suspension des activités de la RAMA au ministère, déclarant à plusieurs médias : « Nous ne pouvons pas continuer à travailler d’une façon aussi dysfonctionnelle. »
Toutefois, un haut responsable de l’Éducation, qui a souhaité conserver l’anonymat, a déclaré à la chaîne N12 que Kisch « agissait en totale contradiction » avec les conclusions de l’étude, laquelle recommandait, a-t-il souligné, de garantir la continuité des évaluations.
« Kisch annule les épreuves et sème le chaos dans le système éducatif », a ajouté cette source. L’étude « avait conclu qu’il fallait renforcer et développer l’organisme -Kisch interdit la tenue de ces épreuves, et ordonne aux agents du ministère de ne pas collaborer avec la RAMA. »
L’étude indépendante publiée lundi n’a trouvé aucun motif de douter de la fiabilité des résultats des examens de la RAMA, partageant toutefois certaines des préoccupations du ministère quant à la manière dont ils étaient présentés. Elle a en effet fait valoir qu’il était problématique de définir le niveau de performance le plus élevé dans chaque matière comme une « conformité aux exigences du programme scolaire ».
L’étude préconisait le renforcement des relations entre le ministère de l’Éducation et la RAMA, ainsi que la mise en œuvre d’une politique d’évaluation stable pour les trois prochaines années, insistant sur la nécessité de mesurer les performances des élèves pour permettre au ministère de prendre les bonnes décisions.
Le chef du parti d’opposition HaDemocratim, Yair Golan, a écrit que Kisch, mécontent des résultats des évaluations, « tente donc de les dissimuler ».
Selon Golan, le système éducatif « s’effondre sous le poids d’un gouvernement incompétent et corrompu, qui s’emploie à masquer ses échecs au lieu de les corriger. Ce ne sont pas les données qui sont l’ennemi, Yoav Kisch. Le problème, c’est l’échec. Les enfants d’Israël ont besoin d’un ministre qui se batte pour leur avenir, pas d’un ministre qui s’en prend à ceux qui dévoilent la réalité. »
Le mois dernier, le ministère de l’Éducation a publié les résultats des évaluations de la RAMA montrant que seulement 3 % des élèves de 3e répondaient aux exigences du programme national de sciences et que 16 % s’en approchaient sans les atteindre.
Ces constatations sont venues s’ajouter à la publication des pires résultats jamais enregistrés par Israël aux tests mondiaux du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), les élèves obtenant des scores inférieurs à la moyenne en lecture, mathématiques et sciences.
Selon Kisch, ces résultats sont liés aux guerres qui faisaient rage sur plusieurs fronts lorsque les élèves israéliens ont passé les tests PISA, en 2025. À ce moment-là, Israël combattait le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Liban.
D’après Kisch, cette suspension est temporaire et vise à permettre la mise en œuvre des réformes recommandées par l’évaluation indépendante.