Le ministre Youssef Raggi exige à nouveau le désarmement complet du Hezbollah
Alors que Beyrouth s'apprête à saisir les armes du groupe, le chef de la diplomatie qualifie 'd'inacceptable' le refus du groupe terroriste, ajoutant que le Liban a de 'graves problèmes' avec l'Iran
Mercredi, le ministre des Affaires étrangères du Liban a fustigé le Hezbollah, exigeant le démantèlement et le désarmement de l’ensemble de sa branche armée, affirmant qu’il était « inacceptable » qu’une organisation armée non étatique continue d’opérer dans le pays.
Dans des commentaires publiés par l’agence de presse iranienne WANA, le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a vivement critiqué le groupe terroriste soutenu par l’Iran – ainsi que l’Iran, alors que le gouvernement libanais a durci ces derniers mois le ton à l’égard de Téhéran et du Hezbollah.
L’ensemble de la structure armée du Hezbollah doit être démantelée afin de garantir la sécurité du Liban, a affirmé Raggi, appelant à un désarmement et à une démilitarisation complets, bien au-delà de la simple saisie des armes légères ou du retrait des forces et des infrastructures du Hezbollah du sud du Liban.
Par ailleurs, l’armée israélienne a mené mercredi dans le sud du Liban une vague d’attaques qui ont pris pour cible plusieurs sites de lancement de roquettes du Hezbollah.
Plusieurs bâtiments et d’autres infrastructures qui avaient été récemment utilisés par les membres du groupe terroriste ont également été détruits lors de ces frappes, a rapporté l’armée, ajoutant que la présence de ces sites de lancement de roquettes constituait une violation de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban.
Selon les médias libanais, l’armée israélienne a visé des cibles dans les villes méridionales de Tebna et Nmairiyeh.
La semaine dernière, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a indiqué que le pays était sur le point d’achever le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, et que le gouvernement s’apprêtait désormais à saisir les armes du groupe au nord du Litani, « sur la base du plan élaboré par l’armée libanaise conformément à un mandat du gouvernement ».
Accusant le Hezbollah d’utiliser les attaques israéliennes comme excuse pour conserver ses armes, Raggi a déclaré que le groupe tentait de gagner du temps dans l’espoir d’un revirement politique, et qu’il refusait de discuter sérieusement d’un désarmement complet.
Selon Raggi, le Hezbollah a menacé Beyrouth d’une possible guerre civile si le gouvernement mettait en œuvre les mesures nécessaires à un désarmement complet. Une menace que Raggi a qualifiée d’inacceptable.
Se tournant vers l’Iran, le ministre des Affaires étrangères a souligné que la république islamique déstabilisait le Liban en continuant à apporter un soutien financier et militaire « direct » au Hezbollah.
« L’Iran n’est pas notre ennemi, mais nous avons de sérieux problèmes avec lui », a expliqué Raggi, précisant que Beyrouth souhaitait des relations pacifiques avec Téhéran, à condition que ce dernier respecte la souveraineté libanaise, et s’abstienne de toute ingérence dans sa politique ou sa société.
Tout au long de l’année, Raggi, qui est membre du parti chrétien des Forces libanaises, a mené une charge contre l’Iran et le Hezbollah par ses propos, qualifiant récemment l’influence de Téhéran dans la région de « extrêmement négative » et de « source d’instabilité ».
Au début du mois, Raggi a refusé une invitation à se rendre Téhéran qui lui avait été adressée par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, déclarant : « Je ne peux pas accepter son invitation à me rendre à Téhéran dans les circonstances actuelles ». Il avait alors invité Araghchi à venir à Beyrouth, ou à convenir d’une rencontre dans un pays « neutre ».
Répondant aux commentaires de son homologue libanais, Araghchi avait dit qu’il « accepterait volontiers l’invitation à se rendre à Beyrouth », tout en décrivant l’attitude de Raggi comme « déconcertante ». Il avait ajouté que les ministres des Affaires étrangères des pays entretenant des « relations diplomatiques complètes » n’avaient pas besoin d’un lieu neutre pour se rencontrer.
Il y a un peu plus d’un an, un cessez-le-feu négocié par les États-Unis a mis fin à une année de conflits intenses entre le groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran et Israël. Aux termes de la trêve, le Hezbollah devait rendre ses armes et permettre aux forces armées libanaises de se déployer pleinement dans tout le pays, à mesure du retrait l’armée israélienne. Mais ce désarmement n’a pas encore eu lieu, malgré l’élaboration par le Liban d’un plan à cet effet.
Le Liban est désormais sous pression pour accélérer le processus, sous peine de voir Israël intensifier ses actions.
Israël maintient des soldats au Liban sur cinq sites stratégiques près de la frontière. Il mène en outre régulièrement des frappes qui, selon lui, ont pour objectif de contrer toute tentative de reconstruction du Hezbollah.