Le musée d’Auschwitz critique la décision de Musk de limiter la fonction « blocage » sur X

L'incapacité à bloquer les propos antisémites et la négation de la Shoah 'serait un mauvais service' rendu aux victimes des camp de la mort nazis, déplore le musée

Elon Musk directeur-général de Tesla, lors de l'ouverture de l'usine Tesla de Berlin Brandenburg à Gruenheide, en Allemagne, le 22 mars 2022. (Crédit : Patrick Pleul/Pool via AP/Dossier)

Ce vendredi, l’homme d’affaires et milliardaire Elon Musk a déclaré son intention de limiter au maximum l’utilisation de la fonction blocage des utilisateurs sur sa plate-forme de réseaux sociaux, plus connue sous le nom de Twitter, ce qui lui a valu le mécontentement du musée d’Auschwitz.

En réponse à un message publié sur X d’un compte géré par les propriétaires de Tesla, sa société de véhicules électriques, Musk a déclaré que la fonction « blocage » serait supprimée, sauf en ce qui concerne les messages directs.

« Cela n’a aucun sens », a-t-il écrit, sans plus de précisions.

Cette annonce a été critiquée par le Mémorial et Musée d’Auschwitz-Birkenau, estimant que le blocage « permettait de protéger la mémoire des personnes qui ont souffert et ont été assassinées » dans les camps de concentration et d’extermination nazis. Evoquant « un outil pratique », le musée a ajouté que ses plaintes concernant des comptes hostiles étaient restés lettre morte.

« Ne pas réagir aux propos antisémites et négationnistes qui apparaissent sous nos messages en mémoire des victimes d’Auschwitz serait rendre un très mauvais service à leur mémoire », a déclaré le musée.

« Nous avons choisi de bloquer les utilisateurs qui promeuvent le déni et la haine. Cette décision est l’expression de notre profond dévouement à ce qui est notre mission quotidienne. Nous avons besoin d’un espace sécurisé pour le faire. »

En réaction aux arguments tenant à la liberté d’expression, le musée a fait savoir que l’échange avec ceux qui « manquent de respect à la mémoire des victimes » allait à l’encontre de ses valeurs.

« Ces individus ne veulent pas échanger, ils ne cherchent qu’à faire du mal. Dans leur cas, le blocage est nécessaire pour s’assurer que leur voix, nuisible à la mémoire de la Shoah, ne se fasse plus entendre », a-t-il déclaré, ajoutant que les réseaux sociaux avaient « une responsabilité morale importante » « contre les discours de haine et leur normalisation ».

« Les réseaux sociaux qui se désintéressent de la défense de la mémoire des victimes montrent leur mépris envers l’avènement d’un environnement en ligne respectueux et empathique. »

L’entrée de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz à Oswiecim, en Pologne, le 6 décembre 2019. (Crédit : Markus Schreiber/AP)

Cette décision d’Elon Musk est la dernière en date à susciter la colère des organisations juives, quelques semaines seulement après la réintégration du rappeur Ye, précédemment connu sous le nom de Kanye West, suspendu pour antisémitisme il y a de cela huit mois.

Depuis que Musk a acheté Twitter pour 44 milliards de dollars en octobre dernier, il a licencié des milliers d’employés et revu à la baisse la modération des contenus.

En décembre, il a rétabli le compte Twitter de l’ex-président américain Donald Trump, mais ce dernier n’est pas encore revenu sur la plate-forme.

Le mois dernier, Musk et sa nouvelle directrice générale, Linda Yaccarino, ont annoncé le nouveau nom de Twitter – X – et déclaré qu’il deviendrait une « application holistique » permettant à ses utilisateurs de gérer leurs finances en plus de se socialiser.

Musk a également changé le logo Twitter, remplaçant l’oiseau bleu connu dans le monde entier, par un X blanc.

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