Le musée d’Art de Tel Aviv met ses œuvres à l’abri face à la menace iranienne

Le musée transfère ses œuvres les plus précieuses, notamment des Picasso, dans une salle souterraine sécurisée par crainte de tirs de roquettes

Nathalie Andrijasevic, conservatrice adjointe au Musée d'art de Tel Aviv, manipulant des tableaux qui ont été transférés dans une salle sécurisée souterraine du Musée d'art de Tel Aviv, le 13 août 2024. (Crédit : Oren Ziv/AFP)

Au musée d’Art de Tel-Aviv, on décroche les œuvres l’une après l’autre pour les calfeutrer dans un coffre-fort souterrain face à la menace d’une attaque de l’Iran contre Israël, qu’il accuse d’avoir assassiné le chef du Hamas fin juillet à Téhéran.

Dans la grande salle d’exposition du musée, de larges pans de murs blancs sont désormais vides.

Les Picasso, Rembrandt et autres Kandinsky ont pris la direction des sous-sols, certains depuis les premières semaines de la guerre entre Israël et le Hamas déclenchée le 7 octobre par une attaque inédite du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien.

Et depuis quelques jours, « quand la nouvelle menace du Hezbollah et de l’Iran est revenue sur la table, nous avons compris que nous devions prendre d’autres précautions », explique à l’AFP la directrice du musée Tania Coen-Uzziell.

Alors, poursuit-elle, « nous avons décroché plusieurs autres œuvres » de l’établissement en plein cœur de Tel-Aviv qui possède 10 galeries pour une surface totale de 18 000 m².

« Nous sommes les gardiens de ces œuvres d’art importantes qui ont survécu pour la plupart d’entre elles à la Seconde Guerre mondiale. Il est donc important de conserver ces trésors pour la prochaine génération », insiste Mme Coen-Uzziell.

Tania Coen-Uzzielli, directrice du Musée d’art de Tel Aviv, pose pour une photo dans une galerie vide après que les œuvres d’art exposées ont été déplacées dans une salle souterraine sécurisée en raison du conflit actuel entre Israël et le Hamas et des tensions régionales actuelles avec l’Iran et le Hezbollah, le 13 août 2024. (Oren ZIV / AFP)

« Très peur » des roquettes

Les « œuvres les plus précieuses » ont été mises à l’abri après le pogrom du 7 octobre qui a entraîné la mort de 1 198 personnes, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et son offensive a fait au moins 39 929 morts, d’après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas – un bilan invérifiable qui ne fait pas non plus la différence entre terroristes et civils.

Les tableaux du musée de Tel-Aviv sont placés sur des panneaux coulissants sur rails installés dans l’immense coffre-fort, « vraiment le meilleur endroit pour conserver des œuvres d’art », selon la conservatrice adjointe du musée Nathalie Andrijasevic.

« Nous avons quelques œuvres de Picasso… de différentes périodes », explique-t-elle en déroulant une étagère de rangement.

« D’habitude, elles sont toutes dans la galerie, accrochées les unes à côté des autres. Ici, elles sont toujours côte à côte, mais dans un cadre complètement différent ».

Cette photo montre les murs d’une galerie vide du Musée d’art de Tel Aviv après que les œuvres normalement exposées aient été déplacées dans une salle souterraine sécurisée en raison du conflit actuel entre Israël et le Hamas et des tensions régionales avec l’Iran et le Hezbollah, le 13 août 2024. (Oren ZIV / AFP)

Le 7 octobre, se rappelle-t-elle, quand des commandos du Hamas sont entrés en territoire israélien pour commettre des massacres aux abords de la bande de Gaza, le mouvement armé a tiré un barrage ininterrompu de roquettes et autres projectiles qui ont forcé les Israéliens à se réfugier dans des abris jusqu’à Tel-Aviv, à quelque 70 km du petit territoire palestinien.

« Les roquettes n’arrêtaient pas de pleuvoir », dit-elle à l’AFPTV et tout le monde au musée a eu « très peur que des roquettes percent le plafond des galeries et endommagent nos œuvres ».

Depuis une semaine, la conservatrice a recommencé à retirer avec ses collègues de nouvelles œuvres au cas où.

Mais, veut-elle encore espérer, peut-être que l’attaque de l’Iran « n’arrivera pas ».

read more:
comments