Le New York Times rejette les allégations de « médiacide » d’Albanese
Le journal affirme que la rapporteuse spéciale de l’ONU a lancé des accusations infondées concernant sa couverture médiatique dans un rapport consacré aux 'médias à l’époque du génocide'
Le New York Times a rejeté, dans la journée de lundi, un rapport qui critique sa couverture médiatique et qui a été rédigé par la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les Palestiniens, Francesca Albanese. Le journal a fait savoir que les allégations lancées à son encontre par cette dernière étaient sans fondement, trompeuses et partiales.
Albanese s’est illustrée par ses déclarations antisémites et elle tient des propos extrémistes à l’encontre d’Israël, notent ses détracteurs, alors qu’elle se présente comme une défenseuse des droits des Palestiniens, s’opposant farouchement aux discriminations. Dans le passé, le New York Times l’avait décrite comme une experte des questions palestiniennes et juridiques.
Le rapport qui a été écrit par Albanese, qui a été intitulé « La vérité sous les décombres : les médias à l’heure du génocide », fait état de journalistes palestiniens qui ont été tués, de restrictions imposées aux médias par Israël et d’une collusion de la part de « médias internationaux influents » dont l’objectif serait, d’après elle, « d’accorder une légitimité aux atrocités ».
Albanese a qualifié ces « attaques contre la vérité » de « médiacide ». Elle avait déjà accusé Israël de « génocide », de « génocide culturel », de « domicide », « d’urbicide », de « scholasticide », de « médicide » et « d’écocide ».
Ce rapport a été posté en ligne dans la journée de lundi – Albanese a ensuite présenté ses conclusions, le même jour, devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Le rapport accuse le New York Times d’avoir recommandé la prudence éditoriale dans l’utilisation de termes tels que « génocide ». Il affirme que le journal a cherché à fournir un « camouflage humanitaire » à Israël via sa couverture des « zones de sécurité » à Gaza et qu’il a trop souvent mentionné les violences sexuelles qui ont été commises contre des Israéliens.
Albanese a également critiqué le NYT qui a évoqué l’utilisation, par le Hamas, de boucliers humains et elle a affirmé que le quotidien « minimisait les responsabilités israéliennes » dans 65 % des « titres pertinents », s’appuyant sur les pourcentages communiqués par un groupe militant.
Une porte-parole du New York Times a dit que le rapport d’Albanese « n’est pas impartial, pas plus que les sources sur lesquelles elle s’appuie ».
« Le journalisme factuel pratiqué par le New York Times et d’autres organes de presse indépendants a apporté un éclairage critique sur les questions examinées par Albanese, et aucune campagne de pression ni aucune critique partiale ne nous détournera de ce travail », a confié la porte-parole au Times of Israel.
Le journal a ajouté qu’Albanese « n’apporte aucune preuve » du fait que des responsables israéliens et des groupes de pression auraient influencé sa ligne éditoriale, comme la rapporteuse des Nations unies l’affirme pourtant dans son rapport.
Concernant la couverture médiatique des « zones de sécurité » de la part du NYT, Les critiques lancées par Albanese s’avèrent être « erronées et trompeuses », a commenté la porte-parole.
« Si Albanese lisait notre couverture des ‘zones de sécurité’ dans son contexte au lieu de s’appuyer sur des études aux méthodologies erronées, elle constaterait que, dans la majorité des cas, notre couverture a fait expressément référence à des ‘soi-disant’ zones de sécurité », a-t-elle continué, ajoutant que cette couverture remettait souvent en question le caractère réellement sûr de ces secteurs.
« Albanese ne présente aucune preuve valable pour démontrer ‘une tendance… à attribuer les décès de civils aux tactiques du Hamas plutôt qu’aux actions militaires israéliennes’ ou à ‘minimiser les responsabilités d’Israël’, comme l’affirme pourtant son rapport », a expliqué le New York Times.
Les affirmations faites par Albanese concernant la couverture par le journal des agressions sexuelles « ignorent nos enquêtes répétées sur les violences sexuelles qui ont été commises à l’encontre des Palestiniens », a poursuivi la porte-parole.
Le New York Times avait décrit Albanese, dans le passé, comme une « experte des territoires palestiniens occupés », une juriste spécialiste des questions relatives aux droits de l’Homme et une « critique virulente d’Israël ». Il avait cité ses précédents rapports à l’Assemblée générale.
L’année dernière, le journal avait consacré un long portrait dans sa rubrique d’opinion à la rapporteuse.
Le rapport qui a été diffusé lundi par Albanese s’en est également pris à certains médias, dont la BBC, qui n’a pas répondu à une demande de commentaire.