Le nouveau dirigeant syrien temporise sur la reconnaissance d’Israël

'La Syrie est différente, car les pays qui font partie des accords d'Abraham ne sont pas voisins d'Israël,' a déclaré l'ancien djihadiste

Le président syrien Ahmed al-Sharaa arrive aux États-Unis avant son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre 2025. (Crédit : Sana)

Le nouveau dirigeant syrien, Ahmed al-Sharaa, en visite à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, a exprimé lundi son espoir de conclure un accord de sécurité qui apaiserait les tensions avec Israël, mais écarté toute reconnaissance dans l’immédiat.

Le président syrien, un ancien djihadiste dont les forces ont renversé en décembre le dirigeant de longue date Bachar al-Assad, a rencontré le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et prononcera le premier discours d’un dirigeant syrien devant l’Assemblée générale depuis des décennies.

Lors de sa rencontre avec al-Sharaa, le chef de la diplomatie américaine a évoqué les relations entre la Syrie et Israël et a appelé le pays à saisir l’occasion de « bâtir une nation stable et souveraine », selon un communiqué de son porte-parole Tommy Pigott.

Les responsables syriens se sont fixé pour objectif de conclure d’ici la fin de l’année des accords militaires et sécuritaires avec Israël, dont l’armée a à plusieurs reprises frappé son voisin et adversaire de longue date, dans le chaos qui règne depuis la chute d’Assad.

« J’espère que cela nous mènera à un accord qui préservera la souveraineté de la Syrie et résoudra également certaines des craintes sécuritaires d’Israël », a déclaré al-Sharaa lors d’une réunion qui s’est tenue dans un hôtel new-yorkais en marge du sommet des Nations unies.

Mais il a temporisé lorsqu’on lui a demandé si la Syrie allait rejoindre les accords dits « d’Abraham », dans le cadre desquels les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020.

« La Syrie est différente, car les pays qui font partie des accords d’Abraham ne sont pas voisins d’Israël. La Syrie a subi plus de 1 000 raids, frappes et incursions israéliens depuis le plateau du Golan », a-t-il affirmé.

La Syrie et Israël restent techniquement en état de guerre mais ont ouvert des négociations directes après le renversement de Bachar al-Assad et des représentants des deux pays se sont rencontrés à plusieurs reprises.

Le dirigeant syrien a exprimé ses doutes quant à la confiance à accorder à Israël, se demandant si ce pays cherchait à étendre son influence en Syrie et l’accusant d’avoir violé les accords de paix conclus avec deux autres pays voisins, l’Egypte et la Jordanie.

« Il y a également une grande colère face à ce qui se passe à Gaza, non seulement en Syrie, mais dans le monde entier, et cela a bien sûr un impact sur notre position vis-à-vis d’Israël », a-t-il relevé.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que la récente guerre entre Israël et le Hezbollah avait créé la possibilité de la paix avec le Liban et la Syrie.

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmed al-Sharaa a troqué son costume de djihadiste contre celui de chef d’Etat, rencontrant des dirigeants étrangers, dont le président américain Donald Trump en mai en Arabie saoudite. Ce dernier y avait annoncé la levée des sanctions américaines contre Damas.

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