Le Pentagone va rompre ses liens universitaires avec Harvard

Au delà de Harvard, Pete Hegseth a précisé sur X que le Pentagone allait réévaluer ses coopérations avec tous les établissements de 'l'Ivy League'

Des manifestants anti-israéliens se rassemblent sur Cambridge Common pour protester contre le positionnement de Harvard sur la guerre Israël-Hamas à Gaza et montrer leur soutien au peuple palestinien, devant l'université de Harvard à Cambridge, Massachusetts, le 25 avril 2025. (Crédit : Joseph Prezioso/AFP)

WASHINGTON — Le chef du Pentagone Pete Hegseth a annoncé que son département mettait un terme aux programmes de formation militaire professionnelle, de bourses d’études et aux programmes de certification avec l’université de Harvard, un pas de plus dans l’offensive menée par l’administration Trump contre les grandes institutions universitaires accusées de « wokisme ».

L’administration du président Donald Trump, en effet, a pris des mesures sévères à l’encontre des meilleures universités américaines, notamment Harvard, sur de nombreux sujets – parmi lesquels les manifestations anti-israéliennes et pro-palestiniennes, les programmes d’inclusion et diversité, les politiques en faveur des transgenres et les initiatives en faveur du climat.

« À compter de maintenant et à partir de l’année scolaire 2026-2027, je mets fin à tous les programmes de formation militaire professionnelle (PME) de niveau universitaire, à l’ensemble des bourses et à tous les programmes de certification entre l’université de Harvard et le département de la Guerre pour les militaires en service actif », a fait savoir Hegseth, lui-même titulaire d’une maîtrise en politique publique de la Harvard Kennedy School, sur le réseau social X.

Cette nouvelle politique s’appliquera aux militaires qui s’inscriront à de futurs programmes. Les militaires pourront terminer les formations déjà entamées au sein de la doyenne des universités américaines, a précisé Hegseth.

« Depuis trop longtemps, ce ministère envoie nos meilleurs et plus brillants officiers à Harvard en espérant que l’université comprendra mieux et appréciera notre classe de guerriers », a justifié le ministre de la Défense Pete Hegseth, cité  dans le communiqué.

« Au lieu de cela, trop nombreux sont nos officiers qui en sont revenus en ressemblant trop à Harvard, la tête pleine d’idéologies mondialistes et radicales », a-t-il ajouté.

Donald Trump accuse Harvard et d’autres universités américaines de promouvoir une idéologie dite « woke » qui prône une forte sensibilité aux injustices liées au racisme, au sexisme et aux autres formes de discriminations, et de ne pas protéger suffisamment les étudiants juifs lors des manifestations pro-palestiniennes.

Son administration a déposé des plaintes judiciaires et exigé des indemnités exorbitantes contre des dizaines universités – au moins 75, selon une récente enquête du New York Times.

Il a annoncé lundi réclamer un milliard de dollars de dommages et intérêts à Harvard, assurant que son gouvernement ne voulait « plus avoir affaire, à l’avenir » avec l’université basée près de Boston (nord-est).

Au delà de Harvard, Pete Hegseth a précisé sur X que le Pentagone allait réévaluer ses coopérations avec tous les établissements de l' »Ivy League, » qui regroupe les universités américaines d’élite – dont Harvard et Princeton, dont le ministre est diplômé.

Le chef du Pentagone dénonce régulièrement les mesures visant à accroître les opportunités pour les minorités dans l’armée.

Son ministère a récemment annoncé revoir les effets de l’intégration des femmes dans les rôles de combat, autorisée depuis une dizaine d’années.

Face aux mesures prises par le gouvernement à l’encontre des universités, les défenseurs des droits ont fait part de leurs inquiétudes concernant la liberté d’expression, la liberté académique et le respect des procédures légales.

Un porte-parole de Harvard a renvoyé Reuters vers une page consacrée à l’histoire des relations entre l’université et l’armée américaine, sur laquelle on peut lire que Harvard a joué un « rôle important » dans les traditions militaires américaines depuis la fondation de la nation.


L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

read more:
comments