Le père du chauffeur de camion humanitaire de Gaza tué par Tsahal affirme qu’un soldat l’a abattu “entre les 2 yeux”
Les transporteurs routiers de l'enclave réclament une meilleure protection après la mort d’Ahmad Esleem, tué alors qu’il acheminait de l’aide depuis Israël via Kerem Shalom
Le père d’Ahmad Esleem, un chauffeur routier palestinien abattu mercredi par des soldats de l’armée israélienne à Gaza, a dénoncé les circonstances de la mort de son fils dans une vidéo en hébreu diffusée samedi par le quotidien Haaretz.
Dans cette vidéo, Nasser Esleem affirme que son fils se rendait chez lui pour « apporter de la nourriture aux enfants » lorsqu’il a été tué.
« Il était titulaire d’un permis de conduire depuis huit ans. Il travaillait à Kerem Shalom depuis huit ans. Il avait été contrôlé par l’armée. Il avait un permis. Puis un soldat est venu et lui a tiré une balle entre les deux yeux », déplore Nasser.
Les médias de Gaza, sous contrôle du groupe terroriste palestinien du Hamas, ont rapporté mercredi qu’Esleem avait été abattu par les troupes israéliennes alors qu’il rentrait dans la bande de Gaza après avoir transporté de l’aide humanitaire via le point de passage de Kerem Shalom.
L’armée avait alors déclaré au Times of Israel qu’Esleem « s’était précipité vers les soldats, qui avaient alors lancé la procédure d’arrestation d’un suspect. Au cours de cette procédure, ils ont perçu une menace immédiate et ont ouvert le feu ».
Tsahal avait ajouté que cette affaire faisait l’objet d’une enquête.
Nasser a tenu ces propos samedi lors d’une manifestation à Gaza contre la mort de son fils, à laquelle ont participé plusieurs dizaines de personnes.
Parmi les participants figuraient des chauffeurs de camion brandissant des pancartes en hébreu, en arabe et en anglais sur lesquelles on pouvait lire : « Protégez le secteur privé ».
Le secteur privé de Gaza comprend notamment les entreprises chargées du transport et de la distribution de l’aide humanitaire et des fournitures.
D’autres pancartes observées lors de la manifestation proclamaient que « le monde doit donner à Gaza une chance de vivre ».
Jihad Esleem, vice-président de l’Association des transporteurs privés de Gaza, qui a participé à la manifestation, a déclaré que « les chauffeurs de camions humanitaires sont victimes d’assassinats systématiques et d’attaques délibérées alors qu’ils s’acquittent de leur devoir humanitaire consistant à acheminer l’aide vers la bande de Gaza ».
Selon le ministère de la Santé du Hamas, plus de 73 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis que le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre dans l’enclave – dont plus de 1 000 depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025. Ce bilan n’est toutefois pas vérifié et ne fait pas la distinction entre civils et terroristes.
L’armée israélienne estime que le bilan avancé par le Hamas est globalement exact, et les responsables de Tsahal estiment que deux à trois civils ont été tués pour chaque terroriste.
L’armée affirme avoir tué plus de 23 000 terroristes à Gaza et 1 600 autres en Israël lors de l’assaut barbare et sanglant du 7-Octobre.
Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international, en utilisant les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour mener ses activités terroristes, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.