Le père migrant d’une soldate actuellement à Gaza risque l’expulsion
Ce Ghanéen, arrivé en Israël en 1991, s'y est marié et a eu une fille qui a aujourd'hui la résidence permanente. Son épouse a obtenu la nationalité et son avocat, a promis de porter l'affaire devant la Cour suprême
Selon une information publiée mercredi, un migrant clandestinement installé en Israël depuis des dizaines d’années risquerait l’expulsion, alors même que sa fille est une soldate de Tsahal déployée dans la bande de Gaza.
Selon le journal Israel Hayom, l’avocat de l’homme aurait fait savoir que les demandes de permis de résidence présentées au titre de la réglementation humanitaire avaient été rejetées, tout comme les recours contre ces décisions, le plus récent il y a de cela quatre ans.
L’avocat, Yossi Carmeli, a fait savoir que son client s’était grandement impliqué dans l’éducation de sa fille et avait par ailleurs demandé l’autorisation de séjourner légalement en Israël au titre des lois sur le rapprochement familial.
« C’est une terrible erreur judiciaire », explique-t-il. « Si le tribunal de district confirme la décision, nous irons devant la Cour suprême. »
Selon la source, qui ne révèle pas l’identité de l’homme, il est âgé de 61 ans et est originaire du Ghana. Arrivé en Israël en 1991, il y a rencontré sa femme, également immigrée, et s’y est marié en 1999. Le couple a eu deux enfants repartis vivre au Ghana puis, en 2004, une fille restée, elle, en Israël.
Selon cette source, le couple aurait connu des « hauts et des bas », sans que l’on sache si le mariage était toujours d’actualité ou s’ils vivaient toujours ensemble. L’épouse aurait obtenu une autorisation spéciale permettant à leur fille de rester en Israël et de s’engager dans l’armée. Elle sert aujourd’hui dans une unité proche de la bande de Gaza, en proie à la guerre depuis l’attaque dévastatrice du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier. Selon la même information, la mère aurait elle aussi obtenu la nationalité israélienne.
Lors d’une récente audience du tribunal de district de Tel Aviv, les procureurs de l’État ont rappelé que le père, entré illégalement sur le territoire israélien depuis l’Égypte, avait été arrêté et expulsé, avant de revenir en Israël en 2010 sous une autre identité et un permis de touriste.
L’Autorité de la population et de l’immigration a déclaré par voie de communiqué que les nombreuses demandes présentées par l’homme « avaient été examinées par les autorités compétentes et rejetées, faute d’éligibilité. La personne en question a introduit plusieurs recours et a été invitée à plusieurs reprises à quitter le territoire, sans obtempérer. »
En janvier, le ministre de l’Intérieur, Moshe Arbel, a demandé aux services de l’immigration d’accorder la nationalité aux parents philippins du soldat Cedrick Garin, tué au combat à Gaza.
Arbel avait annoncé la nouvelle à Imelda et Rico, parents du réserviste de Tsahal lors d’une visite pour leur présenter ses condoléances, précisant que ses services feraient au plus vite, a fait savoir la radio publique Kan.
Imelda a élevé Cedrick seule, en Israël, en travaillant comme femme de ménage après le départ de son compagnon, expulsé quand leur enfant n’avait que deux ans. Le jeune soldat mort au combat avait obtenu la nationalité israélienne à la fin de son service alors qu’Imelda avait le statut de résidente temporaire.
L’immigration illégale en Israël est un sujet difficile depuis maintenant des années. Le sort des demandeurs d’asile, globalement mal accueillis par les gouvernements israéliens successifs, est incertain car l’État n’octroie que rarement le régime et leur mène la vie dure lorsqu’il ne les expulse pas purement et simplement.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré en septembre que la migration en provenance des pays africains faisait peser « une menace réelle pour l’État juif, son avenir et son caractère démocratique ».
On estime à près de 30 000, pour l’essentiel originaires du Soudan et d’Érythrée, le nombre de migrants en territoire israélien, dont beaucoup se disent réfugiés de guerre ou victimes d’oppression. La plupart des migrants africains sont venus en Israël via l’Égypte entre 2007 et 2012, avant qu’Israël n’édifie une barrière le long de la frontière, en plein désert. Peu de migrants sont arrivés depuis.
En septembre, d’intenses émeutes ont éclaté dans les rues de Tel-Aviv entre migrants soudanais et érythréens, qui avaient fait 170 blessés et donné lieu à des dizaines d’arrestations.
Une commission ministérielle spéciale s’était réunie dès le lendemain pour approuver ces interpellations en très grand nombre en permettant à la police de faire usage d’une procédure administrative moins exigeante en termes de preuves. Les ministres ont par ailleurs annoncé l’annulation des permis de travail des migrants concernés et la perspective d’une nouvelle loi fondamentale quasi constitutionnelle sur l’immigration.
La Cour s’est déjà opposée à l’incarcération, sans procès et sur de longues périodes, des migrants et annulé une disposition visant à les forcer à mettre sous séquestre 20 % de leur salaire, ces fonds n’étant débloqués qu’à leur départ du pays.
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