Le président de la Knesset réclame la grâce présidentielle pour Netanyahu
Suite au témoignage de l'ex-procureur général Avichai Mandelblit, Amir Ohana a demandé à Isaac Herzog de gracier le Premier ministre dans le cadre de son procès pour corruption
Le président de la Knesset, Amir Ohana, a prié dimanche le président Isaac Herzog de gracier le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, invoquant le témoignage livré ce jour à la barre par l’ex-procureur général Avichai Mandelblit.
« J’ai été choqué d’apprendre, lors du témoignage de l’ex-procureur général, que même les chefs d’accusation restants — après que le collège de juges eut suggéré à deux reprises que l’accusation retire la charge de corruption passive — reposent sur des actes d’enquête illégaux menés à son insu ou sans son accord », a affirmé M. Ohana.
L’avocat de M. Netanyahu a demandé ce dimanche à M. Mandelblit s’il avait autorisé les actes policiers effectués au cours de l’enquête contre le Premier ministre, ce à quoi l’ex-procureur général a répondu par la négative, tout en précisant que cela était légalement permis et qu’il avait validé l’ensemble des actes d’enquête principaux.
M. Mandelblit s’est dit irrité par la mise sur écoute par la police de Natan Eshel, alors directeur de cabinet de M. Netanyahu, mesure annulée par la suite.
Il a également reconnu que dans l’affaire 4000, dans le cadre de laquelle M. Netanyahu est accusé d’avoir accepté des pots-de-vin sous forme de couverture médiatique favorable en échange de décisions réglementaires avantageuses pour Shaul Elovitz, actionnaire majoritaire de Bezeq, il n’avait pas examiné les 315 exemples de corruption médiatique cités dans l’acte d’accusation. Nombre de ces exemples ont été considérés comme étant de peu de valeur lors du témoignage de M. Netanyahu.
« Ce comportement, qui met en lumière un certain nombre de manquements, lacunes et autres infractions à la loi, ne peut se résumer à des révélations dramatiques dans les médias. Il doit également vous amener à trancher sur la demande de grâce du Premier ministre », a affirmé M. Ohana.
Le Premier ministre a déposé une demande de grâce en novembre dernier, faisant valoir que le procès nuisait au pays et le détournait de ses fonctions. Il n’a toutefois pas reconnu sa culpabilité, ce qui laisse pendante la question de la grâce alors que son procès se poursuit.
En mars dernier, le service des grâces du ministère de la Justice a finalisé une note d’orientation juridique sur la demande de grâce de M. Netanyahu, la jugeant hautement problématique et sans précédent au vu du procès en cours du Premier ministre, de l’absence de condamnation ainsi que de l’absence de reconnaissance de culpabilité ou de remords.
M. Herzog, qui a différé toute décision finale sur le sujet, aurait déclaré à un proche de M. Netanyahu que la demande n’avait « aucune chance d’aboutir ».