Le procès pour corruption de Netanyahu reporté au 24 mai
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Le procès pour corruption de Netanyahu reporté au 24 mai

Cette décision de limiter les activités judiciaires en Israël intervient seulement deux jours avant l'audience du Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au Bureau du Premier ministre, le 12 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au Bureau du Premier ministre, le 12 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’ouverture du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans trois affaires de corruption a été repoussée de plus de deux mois en raison des nouvelles restrictions imposées aux tribunaux israéliens suite aux nouvelles mesures instituées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Cette décision intervient seulement deux jours avant l’audience initialement prévue le 17 mars. Celle-ci a ainsi été reportée au 24 mai.

« Au vu de la propagation du coronavirus et selon les instructions limitant le travail des tribunaux aux cas urgents uniquement, nous avons décidé de reporter la première audience au 24 mai 2020 », a indiqué dimanche le tribunal dans un communiqué.

Le ministre de la Justice, Amir Ohana, a déclaré samedi soir un « état d’urgence » de 24 heures visant le système judiciaire israélien, « dans le cadre de l’effort national visant à empêcher la propagation du coronavirus ». Cette décision signifie que les tribunaux ne pourront siéger que pour des audiences d’urgence au sujet d’ordonnances d’arrestation et de détention provisoire, d’ordonnances de détention administrative, d’infractions à la législation « relatives à l’urgence spéciale » et de certaines mesures provisoires en matière civile.

L’élu de Kakhol lavan Moshe Yaalon, numéro 3 de la liste centriste, avait accusé samedi soir le Premier ministre d’exploiter l’épidémie de coronavirus à des « fins politiques personnelles », après que le Premier a appelé Kakhol lavan à le rejoindre dans un gouvernement d’urgence pour traiter la crise.

« Quiconque nous a critiqué pour avoir alerté que nous finirions comme la Turquie d’Erdogan devrait observer et comprendre l’exploitation cynique du coronavirus, à des fins politiques personnelles, par un accusé avant son procès », a tweeté Yaalon.

Le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël a ensuite annoncé qu’il déposera plus tard dans la journée de dimanche une pétition auprès de la Cour suprême demandant l’annulation de l' »état d’urgence » annoncé dans le système judiciaire par le ministre de la Justice Amir Ohana.

Le groupe affirme qu’Ohana « est un ministre intérimaire dans un gouvernement de transition, qui n’a pas reçu le soutien du public et dont la nomination n’a jamais été approuvée par la Knesset ».

Ils ajoutent que « l’utilisation des nouveaux règlements pour sauver Netanyahu d’un procès est grave et constitue une nouvelle étape dans le mépris des autorités chargées de faire respecter la loi en Israël ».

Benjamin Netanyahu, premier chef du gouvernement de l’histoire d’Israël à être mis en examen en cours de mandat, est inculpé pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Netanyahu a réitéré son appel à un « gouvernement national d’urgence » et appelé ses rivaux politiques à tenir immédiatement des négociations de coalition. Or, le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, avait déclaré vendredi que la formation d’un gouvernement d’unité d’urgence pour faire face à la crise du coronavirus en pleine expansion « est la bonne chose pour l’État d’Israël actuellement », mais qu’il attendait encore une réponse du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur le début des négociations.

Les membres de Kakhol lavan n’ont pas exclu samedi soir de rejoindre un gouvernement dirigé par le Premier ministre Netanyahu en pleine crise du coronavirus, marquant un adoucissement de leur position vis-à-vis du chef du Likud.

« Nous sommes prêts à rejoindre un gouvernement d’urgence à condition qu’il soit composé à parts égales de blocs de droite et de centre-gauche, ou qu’il ne s’appuie que sur le Likud et Kakhol lavan », ont expliqué des sources au sein de la formation centriste au quotidien Haaretz.

« Nous accepterons de siéger dans un gouvernement d’urgence sous Netanyahu qui aurait une date d’expiration proche – ou un gouvernement qui serve pendant quatre ans et implique une rotation [des Premiers ministres] », ont ajouté ces sources.

Benny Gantz s’est opposé à rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu pendant l’impasse politique prolongée d’Israël en raison des déboires juridiques du Premier ministre, une position que Kakhol lavan a réitérée après les élections législatives du 2 mars.

Les partis israéliens doivent rencontrer ce dimanche le président Reuven Rivlin pour lui faire part de leur candidat favori pour former le prochain gouvernement.

Le dernier bilan du ministère de la Santé fait état de 200 cas de contamination dans le pays.

Israël a annoncé samedi de nouvelles mesures pour tenter d’arrêter la propagation de l’épidémie, dont la fermeture des restaurants et cafés et l’interdiction des rassemblements de plus 10 personnes.

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