Le projet de câble électrique reliant Israël, Chypre et la Grèce ravive les tensions avec la Turquie
Ankara conteste le tracé du Great Sea Interconnector, un projet d’interconnexion sous-marine de près de 2 milliards d’euros
Le projet de câble électrique sous-marin reliant Israël, Chypre et la Grèce ravive les tensions entre la Turquie et ses voisins en Méditerranée orientale. Dans un article publié le 2 octobre, Courrier international décrit un bras de fer autour du Great Sea Interconnector (GSI), une infrastructure de 208 kilomètres dont le budget approche les 2 milliards d’euros.
Ankara s’oppose aux travaux dans des zones maritimes qu’elle revendique. « Aucune activité non autorisée ne sera tolérée sur notre plateau continental », a averti le porte-parole du ministère turc de la Défense le 1er octobre, selon le quotidien turc Cumhuriyet.
Un navire français doit effectuer des relevés dans les zones contestées au cours du mois d’octobre. Le projet implique notamment le groupe français Meridiam, devenu en août actionnaire majoritaire du GSI avec 66 % du capital, ainsi que l’entreprise Nexans, chargée de fabriquer et de poser le câble.
Fin septembre, le quotidien turc Hürriyet, proche du pouvoir, affirmait que Paris et Athènes avaient modifié le tracé afin d’éviter les environs de Kastellorizo, une île grecque près des côtes turques. Le porte-parole du gouvernement grec a toutefois contesté ces informations.
La tension s’est accrue avec l’annonce, le 1er octobre, d’une mission turque de recherche d’hydrocarbures dans des eaux contestées au large de Chypre, prévue jusqu’à la fin du mois. Les ressources énergétiques et les différends sur les frontières maritimes alimentent depuis longtemps les rivalités entre Ankara et Athènes.
Ces tensions interviennent alors que la Grèce et Chypre renforcent leurs liens avec Israël, notamment dans le domaine de la défense.
Le 1er octobre, la présence du système de défense antiaérienne israélien Barak 8 lors du défilé militaire célébrant l’indépendance de Chypre a suscité les critiques de la Turquie. Ankara a dénoncé des actes « provocateurs » susceptibles, selon elle, d’aggraver les tensions régionales, a rapporté le quotidien turc Aksam.
La Grèce a également multiplié les acquisitions de matériel militaire israélien. Fin août, les deux pays ont signé un important contrat de défense antiaérienne et antidrones évalué à 3 milliards d’euros. Du matériel israélien aurait par ailleurs été déployé sur plusieurs îles grecques, une évolution dénoncée par la presse turque.
Les 13 et 14 octobre, des groupes parlementaires consacrés au renforcement des relations avec Israël ont été lancés au sein des parlements de Grèce et de Chypre.