Le rappeur BORO700 sera jugé pour apologie du terrorisme le 21 octobre à Paris

Ces poursuites découlent de la diffusion 'par le biais des réseaux sociaux, de vidéos montrant des lycéens chantant le morceau 'M*R*H' (pour Mohamed Merah)'

Le rappeur BORO700. (Capture d'écran/TouTube)

Le rappeur BORO700 sera jugé pour « apologie du terrorisme » le 21 octobre à Paris pour une chanson mentionnant les attaques jihadistes de Mohamed Merah et Salah Abdeslam, a indiqué vendredi le parquet sollicité par l’AFP.

Ces poursuites, engagées par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), vaudront à ce rappeur d’être jugé pour « apologie du terrorisme », « apologie de crime contre l’humanité » et « menace de mort sous condition », précise le ministère public, confirmant RTL.

L’enquête du PNLH a été ouverte pour « apologie publique d’un acte de terrorisme commise au moyen d’un service de communication au public en ligne ».

Ces investigations découlent de la diffusion, à partir du 5 octobre, « par le biais des réseaux sociaux, de vidéos montrant des lycéens chantant le morceau « M*R*H » (pour Mohamed Merah) du rappeur BORO700″.

Le parquet de Paris cite notamment les paroles « À la Mohamed Merah, v-esqui’ (esquive) les caméras » ou encore « Bataclan, je l’ai shooté à l’œil, chasse à l’homme, Salah Abdeslam ».

Mohamed Merah avait assassiné un enseignant et trois enfants d’une école juive à Toulouse en 2012. Salah Abdeslam est un jihadiste condamné pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015.

BORO700, dont les écoutes sur les plateformes sont très loin des gros vendeurs, lâche aussi dans ce titre « J’baise la femme à Estrosi et Ciotti, allumer sept terrasses, on est dans les tranchées ».

Le ministère public a également relevé « Dis à ton rappeur de me laisser faire, malheur à lui s’il veut pas coopérer, gros, j’lui ferai une Adolf Hitler ».

« Boro700, son équipe et moi-même condamnons fermement toute forme d’apologie ou de glorification du terrorisme, ainsi que toute forme de violence et de haine », a réagi le manager du rappeur dans un communiqué. Les « accusations d’apologie du terrorisme ne doivent pas être transformées en faits établis », poursuit le manager.

Des adolescents sont également poursuivis dans différents endroits en France pour avoir repris ces paroles dans des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

Trois mineurs ont ainsi été placés en garde à vue mercredi à Orléans dans le cadre d’une enquête préliminaire pour apologie du terrorisme, après la diffusion d’une telle vidéo, tournée dans un lycée à l’occasion des manifestations actuelles.

Lundi, l’euro-député RN Matthieu Valet avait également diffusé la vidéo sur X et déclaré qu’il signalait « immédiatement » les faits au procureur de la République.

Une autre enquête a par ailleurs été ouverte en Vendée, après la publication mardi sur les réseaux sociaux d’une vidéo où des adolescents entonnent cette chanson dans une église à Soullans.

Les mis en cause sont âgés « autour de 13 ans » selon les premiers éléments de l’enquête.

Le diocèse de Luçon a dénoncé une « atteinte grave à un lieu de culte ». De son côté, le manager du rappeur a fait savoir que « les actes commis par certains jeunes ne représentent ni les valeurs de Boro700, ni celles de son équipe ».

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