Le RN ne siègera plus avec son partenaire allemand de l’AfD au Parlement européen

La tête de liste du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland a notamment considéré qu'un SS 'n'est pas automatiquement criminel', dans un entretien paru ce week-end

Une casquette aux couleurs du parti d'extrême-droite allemande Alternative pour l'Allemagne, ou AfD, (Crédit : Monika Skolimowska/dpa via AP, file)

Jordan Bardella, président du RN et tête de liste pour les européennes, a « pris la décision de ne plus siéger » avec les Allemands de l’AfD au Parlement européen, a indiqué à l’AFP son directeur de campagne, Alexandre Loubet, confirmant une information de Libération.

La tête de liste du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne), Maximilian Krah, avait notamment considéré qu’un SS « n’est pas automatiquement criminel », dans un entretien paru ce week-end dans le quotidien italien La Repubblica.

Selon M. Loubet, la décision de rupture avec l’AfD a été actée par Jordan Bardella mardi après-midi.

« Nous avions eu des discussions franches, les leçons n’ont pas été tirées : nous en tirons les conséquences », a-t-il expliqué, en référence aux innombrables polémiques suscitées par ce partenaire allemand, aussi encombrant qu’il paraissait indispensable pour maintenir le groupe Identité et démocratie (ID), dans lequel siégeaient jusqu’alors les deux formations.

Maximilian Krah, membre du Parlement européen du parti d’extrême-droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD), assistant à une séance de vote dans le cadre d’une session plénière, au Parlement européen, à Strasbourg, dans l’est de la France, le 23 avril 2024. (Crédit : Frederick Florin/AFP)

Créé en 2013, le parti allemand populiste et anti-migrants avait jusqu’au début de l’année le vent en poupe, les sondages lui laissant espérer arriver en tête avec près de 25% des suffrages.

Mais, à la mi-janvier, la participation, révélée par des médias, de certains de ses membres à une réunion de l’ultradroite pour discuter d’un projet d’expulsion massive de personnes étrangères et de nationaux réputés mal assimilés avait choqué le pays.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national par intérim, sur le plateau du Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, le 27 mars 2022. (Crédit : Capture d’écran RTL.fr/Dailymotion)

En avril, une enquête a été ouverte pour soupçons de financements russes et chinois à l’encontre de Maximilian Krah, eurodéputé sortant, dont l’un des assistants au Parlement européen, suspecté d’être un agent chinois, venait d’être arrêté.

La semaine dernière, l’une des figures du parti, Björn Höcke, a été condamné à 13 000 euros d’amende pour avoir utilisé un slogan nazi. Dans le passé, il avait déjà qualifié le monument de la Shoah à Berlin de « mémorial de la honte » et appelé à un « changement à 180 degrés » de la culture du souvenir dans le pays, conduisant les services de renseignement outre-Rhin à une surveillance de l’AfD.

Björn Höcke, président du parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans le Land de Thuringe orientale, fait une déclaration le 13 février 2017 devant le Parlement régional de Thuringe à Erfurt, en Allemagne. (AFP Photo/dpa/Hendrik Schmidt)

Le Rassemblement national avait réclamé des explications à son partenaire, jugées insatisfaisantes, mais renvoyant une décision définitive à l’après-scrutin.

L’AfD est désormais créditée d’environ 15 % d’intentions de vote, reléguée à la deuxième, troisième voire quatrième position.

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