Le Royaume-Uni prévoit des sanctions contre le Hamas

Alors qu'il s'apprête à reconnaître 'un État palestinien', des proches d'otages ont écrit à Keir Starmer, lui disant que cette reconnaissance 'complique considérablement' les efforts visant à rapatrier leurs proches

Le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump (absent) à l'issue de leur rencontre à Chequers, à Aylesbury, dans le centre de l'Angleterre, le 18 septembre 2025. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

Le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait annoncer dans une déclaration qu’il fera dans la journée de dimanche la reconnaissance par le Royaume-Uni d’un État palestinien – alors que dix pays occidentaux se sont engagés à le faire dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies.

Parallèlement, le gouvernement britannique prévoit également d’annoncer de nouvelles sanctions contre le Hamas. Selon le journal Telegraph, les sanctions prises à l’encontre du groupe terroriste palestinien s’apparentent à une tentative d’apaiser les États-Unis, qui s’opposent à la reconnaissance d’un État palestinien.

L’annonce attendue dimanche de la part du Royaume-Uni s’inscrit dans le cadre d’une initiative qui a été menée par la France visant à reconnaître un État palestinien. Elle aura lieu le même jour qu’une déclaration similaire du Portugal. D’autres alliés importants d’Israël, notamment le Canada et l’Australie, ont signé cette initiative, malgré les vives protestations de Jérusalem.

Dimanche dans la matinée, le vice-Premier ministre britannique a reconnu que cette reconnaissance ne signifierait pas la création d’un État palestinien « du jour au lendemain » et il a a appelé à la reprise des négociations de paix.

Samedi, un groupe de 16 proches d’otages israéliens détenus par le Hamas a adressé une lettre à Starmer, lui demandant de réexaminer sa décision de reconnaître dès maintenant un État palestinien. Les signataires ont indiqué que cette mesure rendrait plus difficile le retour de leurs proches.

« Votre regrettable annonce de l’intention du Royaume-Uni de reconnaître un État palestinien à l’Assemblée générale des Nations unies a considérablement compliqué les efforts visant à ramener nos proches à la maison », est-il écrit dans la lettre, selon une copie qui a été diffusée par la branche britannique du Forum des familles des otages et disparus.

« Le Hamas s’est déjà réjoui de la décision prise par le Royaume-Uni en saluant une victoire et il a renié l’accord de cessez-le-feu », poursuit la lettre.

« Nous vous écrivons en vous soumettant une requête simple : ne prenez pas cette mesure tant que nos proches ne sont pas rentrés chez eux, tant qu’ils ne sont pas dans nos bras. »

Des partisans pro-palestiniens brandissent des pancartes et agitent des drapeaux dans Downing Street, dans le centre de Londres, le 19 juillet 2025, alors qu’ils participent à une « Marche nationale pour la Palestine » organisée par la Campagne de solidarité avec la Palestine. (Crédit : CARLOS JASSO / AFP)

L’article du Telegraph n’a pas donné de détails sur la nature des sanctions susceptibles d’être prises contre le Hamas, précisant toutefois que le Premier ministre britannique appellera le groupe terroriste à déposer les armes et qu’il ne pourra jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza après la guerre.

Des sanctions qui font suite à la décision prise, la semaine dernière, par l’Union européenne de « renforcer » ses propres sanctions à l’encontre des chefs du Hamas, au moment où le bloc envisage aussi de suspendre son accord de libre-échange avec Israël.

Au mois de juillet, Starmer avait annoncé qu’il reconnaîtrait un État palestinien si Israël ne tenait pas compte des appels lancés à l’international en faveur de mesures susceptibles de déboucher sur un cessez-le-feu à Gaza, soulignant l’impératif de trouver une solution permanente au sein de l’enclave et d’autoriser un meilleur acheminement de l’aide humanitaire et des marchandises. Depuis lors, Israël a lancé une opération majeure à Gaza-City et les négociations de cessez-le-feu n’ont pas progressé.

Les responsables, dans le monde, qui ont indiqué qu’ils reconnaîtraient un État palestinien ont estimé que cette décision s’apparentait à une tentative de renforcer l’espoir d’une solution à deux États. Mais David Lammy, vice-Premier ministre britannique qui a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères jusqu’au début du mois de septembre, a reconnu dans une interview que l’impact de cette reconnaissance serait limité.

« Toute décision de reconnaître un « État palestinien, si elle devait être prise en fin de journée, ne ferait pas apparaître un état palestinien du jour au lendemain », a expliqué Lammy.

« Cette initiative doit s’inscrire dans le cadre d’un processus de paix. Il doit être basé sur les frontières de 1967. Il doit être basé sur une capitale partagée à Jérusalem. Cela fera l’objet des négociations sur le statut final – mais il s’agit de maintenir ce processus en vie. »

Évoquant la reconnaissance d’un État palestinien après le pogrom commis par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, Israël a parlé d’une « récompense pour le terrorisme ». L’État juif s’oppose à la création d’un état palestinien et à toute cession d’une partie de Jérusalem, considérée comme capitale indivisible d’Israël.

La question d’un État palestinien et la guerre à Gaza seront au centre de l’attention lorsque les leaders du monde entier prendront la parole à l’Assemblée générale de l’ONU cette semaine. Starmer doit s’exprimer vendredi à l’Assemblée générale – peu après le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Mardi, au premier jour des discours, Trump sera le deuxième intervenant à prendre la parole à la tribune. L’émir du Qatar, l’État du Golfe dans lequel Israël a mené des frappes le 9 septembre contre les chefs de la branche politique du Hamas, s’exprimera également dans la matinée. Le Qatar, allié des États-Unis qui a servi de médiateur dans les négociations d’un accord de cessez-le-feu et de la libération des otages à Gaza – a condamné les frappes et il a envoyé des signaux contradictoires quant à l’importance qu’il accordera à ses futurs efforts de médiation.

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