Le shekel à son plus haut niveau depuis 4 ans face au dollar

La devise locale s'est ainsi renforcée d'environ 3 % par rapport au billet vert ce mois-ci, et de 18 % au cours de l'année écoulée

Photo d'Illustration : un homme compte des liasses de billets en shekels israéliens et en dollars américains dans un bureau de change informel à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 2 juillet 2024. (Crédit : Bashar TALEB / AFP)

Le shekel israélien a atteint son plus haut niveau depuis quatre ans, dans un contexte de hausse continue du marché boursier local, d’afflux d’investissements dans les entreprises des secteurs de la technologie et de la défense, et d’affaiblissement du dollar à l’échelle mondiale.

Le shekel se négocie autour de 3,09 NIS pour un dollar.

La devise locale marque ainsi une hausse d’environ 3 % par rapport au billet vert ce mois-ci, et de 18 % au cours de l’année écoulée.

« Les marchés, malgré les tensions induites par l’éventualité d’une attaque américaine contre l’Iran susceptible d’impliquer Israël, sont restés relativement calmes », a explique Jonathan Katz, économiste en chef chez Leader Capital Markets.

« Les facteurs macroéconomiques (principalement l’expansion rapide du secteur des hautes technologies et la levée de capitaux à l’étranger) continuent de soutenir la pression en faveur d’une appréciation du shekel, favorisant ainsi une inflation plus modérée, et des taux plus bas. »

L’indice Tel Aviv-35 des grandes sociétés, s’il a peu évolué, affiche néanmoins une hausse de plus de 10 % depuis le début de l’année. L’indice TA-Defense gagne 1,3 %, pour une progression de 32 % depuis le début de l’année 2026. L’indice TA-Technology augmente de 0,8 %, portant la hausse annuelle à 19 %.

À Lire : À qui profite un shekel fort ?

« Les gains importants qui ont été enregistrés ces derniers jours et semaines sur le marché boursier israélien incitent les investisseurs institutionnels, étrangers et locaux, à transférer des fonds de l’étranger vers la bourse de Tel Aviv. Ils vendent donc des dollars américains et achètent des shekels, alimentant ainsi l’appréciation du shekel », a indiqué Ronen Menahem, économiste en chef des marchés chez Mizrahi Tefahot Bank. « De plus, le shekel s’apprécie également face au dollar en raison de l’affaiblissement de la devise américaine à l’échelle mondiale. »

Si un shekel très fort a un effet déflationniste car il réduit les importations, freine la hausse des prix et le coût du crédit pour les consommateurs et permet à la Banque d’Israël de baisser les taux d’intérêt, il pose des problèmes aux fabricants et entreprises israéliens dépendantes des exportations et des revenus en dollars.

Le risque est que le shekel fort renchérisse le prix des biens et services israéliens à l’étranger, ce qui aurait pour effet de freiner l’un des moteurs de croissance les plus importants de l’économie israélienne, avec à la clef un impact sur l’emploi.

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