Le Somaliland exulte après que Trump l’a distingué de la Somalie
Des centaines de personnes ont célébré à Hargeisa les propos du président américain lundi ; Washington ne reconnaît pas ce territoire séparatiste, qui n’entretient de relations officielles qu’avec Israël
Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi dans la capitale du Somaliland, Hargeisa, agitant des drapeaux américains et somalilandais, pour célébrer le fait que le président américain Donald Trump l’a qualifié de « pays totalement différent » de la Somalie.
Cette région sécessionniste gère ses propres affaires et est largement considérée comme plus stable et plus démocratique que le reste du pays, bien qu’elle n’ait été reconnue comme indépendante jusqu’à présent que par Israël.
Cependant, lors d’un meeting dans l’Ohio lundi, le président américain Donald Trump a déclaré que le Somaliland était « un pays totalement différent » de la Somalie.
Hargeisa a salué les paroles du président, écrivant mardi sur le réseau social X qu’elles « soulignent l’identité distincte du Somaliland et sa réalité politique séparée », tout en ajoutant qu’elle restait « résolue dans sa quête de reconnaissance internationale ».
« La déclaration de Donald Trump marque le début de la reconnaissance du Somaliland par les États-Unis », estime Ali Hashi, l’un des participants aux célébrations sur la place Kheyriyadda à Hargeisa.
Des vidéos et des images partagées sur les réseaux sociaux, que l’AFP n’a pas pu vérifier de manière indépendante, montraient des centaines de personnes rassemblées.
Thousands of Somalilanders gathered central Hargeisa to thank President @realDonaldTrump @POTUS. @PressSec pic.twitter.com/r77CUuEcxf
— Somalilanders (@Somaalilanders) October 14, 2026
Brandissant des drapeaux américains et somalilandais – certains arborant le visage de Donald Trump – ils scandaient : « Victoire pour le Somaliland » ou « Longue vie à l’Amérique ».
Une autre participante, Ilhaan Abdirahman, a qualifié cette petite phrase du président américain de « développement majeur ».
« Nous méritons la reconnaissance parce que nous sommes distincts de la Somalie à tous égards », a-t-elle ajouté.
Mohamed Yasin, étudiant, explique ne pas être d’accord avec tout le discours de Trump, notamment sa suggestion de changer le nom du Somaliland. Il a toutefois « l’impression que le Somaliland a déjà été reconnu ».
Trump:
I call it Somalia land, not Somaliland, because actually it's a totally different country. Some people like Somaliland that has nothing to do. You know that has nothing to do. I said, you got to be kidding. I think they should change the name immediately. pic.twitter.com/JaveECh4DQ
— Viory Video (@vioryvideo) October 12, 2026
« C’est un motif de célébration et une grande victoire pour nous. »
Le Somaliland occupe une position stratégique sur le golfe d’Aden, dispose de sa propre monnaie, de son propre passeport et de sa propre armée, mais peine à obtenir une reconnaissance internationale.
L’espoir que d’autres pays suivent l’exemple d’Israël, notamment les États-Unis, les Émirats arabes unis et l’Éthiopie, ne s’est pas concrétisé.
Ces États voient en effet dans le Somaliland une valeur stratégique, en tant que plateforme militaire et commerciale sur le golfe d’Aden, à proximité du Yémen, mais aussi comme un havre de démocratie dans une région instable. Toutefois, la sécession avec la Somalie reste controversée : elle est fortement rejetée par l’Union africaine et d’autres partenaires, qui craignent qu’elle n’encourage des mouvements séparatistes ailleurs.
Mogadiscio, siège du pouvoir fragile de la Somalie, n’a pas réagi.