Lecornu : « nous sommes le premier pays européen à nous être clairement fâché » avec le gouvernement israélien

Guillaume Gontard a appelé la France à un embargo total sur les armes, à la suspension de l'accord UE-Israël et à l'application des mandats d'arrêt de la CPI

Sébastien Lecornu au Sénat, le 27 mai 2026. (Crédit : capture d'écran X)

En réponse à une série de graves accusations à l’encontre d’Israël par le chef des Écologistes au Sénat lors des questions au gouvernement, le Premier ministre français récuse l’amalgame entre le peuple israélien et le cabinet de Benjamin Netanyahu avec qui il assume pleinement d’être en conflit.

Lors des questions d’actualité au gouvernement, Guillaume Gontard, président du groupe Écologiste, a prononcé à la faveur d’une question au Premier ministre un réquisitoire violent contre Israël, énumérant des accusations d' »apartheid », de « colonisation », de « torture » et de « génocide ».

Interpellant le gouvernement sur sa présumée passivité, le sénateur a dénoncé ce qu’il a appelé un « gouvernement voyou » qui, selon lui, cherche à faire disparaître la Palestine tout en humiliant la diplomatie française.

Il a ainsi appelé à un embargo total sur les armes, à la suspension de l’accord UE-Israël et à l’application des mandats d’arrêt de la CPI.

« Monsieur le Premier ministre, a-t-il dit, ce gouvernement voyou existe, c’est celui de Netanyahu, il cherche à faire disparaître la Palestine et agresse le Liban, notre allié traditionnel. »

En réponse, Sébastien Lecornu a immédiatement remercié le sénateur pour sa question précise, insistant sur la nécessité de faire preuve de « précision et de nuance » dans ce dossier, contrairement aux députés de la France insoumise à l’Assemblée Nationale.

Distinguo

Sa réponse s’est articulée autour d’une distinction fondamentale, apprise jadis, selon lui, « en éducation civique » : le droit inaliénable du peuple israélien à avoir un État ne doit pas être confondu avec la politique de son gouvernement actuel.

Tout en affirmant que la France est le premier pays européen à s’être « clairement fâché » avec le gouvernement de Netanyahu sur le respect du droit international, il a refusé toute condamnation globale de l’État d’Israël, affirmant : « On peut défendre l’État d’Israël, son existence, sa capacité à se défendre, la sécurité de son peuple et critiquer son gouvernement. »

Sur le plan opérationnel, le ministre a fermement répété ses dénégations contre toute vente d’armes offensive à Israël, qui n’est autre que « l’un des principaux concurrents de l’industrie militaire française », précisant que les seuls composants encore livrés concernent le système de défense « Dôme de fer » car ils n’ont qu’une seule vocation : protéger les populations civiles.

Sébastien Lecornu a enfin conclu en ouvrant la porte à des sanctions européennes contre certains ministres israéliens « récidivistes ». Il était bien sûr directement question d’Itamar Ben Gvir, cité sans que son nom soit prononcé, dans la question de Gontard après ce qu’il considère comme une mise en scène odieuse de l’« accueil » de la « flottille ») qui vont selon lui très loin dans l’incitation à la haine.

Lecornu conclut en évoquant, au-delà de l’interdiction de territoire national pour Ben Gvir, de possibles saisies de la justice française afin de protéger des ressortissants nationaux concernés par les « agissements israéliens ». Ceux-ci devraient être prochainement reçus au Quai d’Orsay pour être accompagnés dans cette démarche.

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