L’EI perd une nouvelle localité au profit des Kurdes dans le Nord syrien
Rechercher

L’EI perd une nouvelle localité au profit des Kurdes dans le Nord syrien

Bien que les Kurdes gagnent du terrain, ils réclament de meilleures armes pour l'emporter sur les djihadistes

Une photo de la ville de Kobane prise le 26 janvier 2015 de la ville de Sanliufra d'où on peut voir de la fumée s'élever après les affrontements entre l'EI et les kurdes (Crédit : AFP)
Une photo de la ville de Kobane prise le 26 janvier 2015 de la ville de Sanliufra d'où on peut voir de la fumée s'élever après les affrontements entre l'EI et les kurdes (Crédit : AFP)

Le groupe extrémiste État islamique (EI) a subi un nouveau revers mardi dans le nord de la Syrie face aux Kurdes et leurs alliés rebelles qui se sont emparés d’une localité située sur une route stratégique.

Depuis la perte le 16 juin de Tall Abyad, qui leur permettait d’acheminer des armes et combattants depuis la Turquie, les djihadistes sont sur la défensive et ont perdu plusieurs positions au nord de Raqa, leur bastion en Syrie.

Mardi, les forces anti-djihadistes ont conquis Aïn Issa, au lendemain de la prise de la base militaire de la brigade 93, du nom de l’unité de l’armée syrienne que l’EI avait chassée en juillet 2014, ont indiqué un porte-parole des Unités de protection du peuple kurde (YPG) et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Aïn Issa est passé sous notre contrôle total, tout comme des dizaines de villages environnants », a assuré à l’AFP le porte-parole des YPG Redur Khalil.

« Après de violents combats et grâce à l’appui de la coalition conduite par les Etats-Unis, les jihadistes se sont retirés à l’est de la ville et au nord de Raqa, mais ils ont truffé Aïn Issa de mines », a déclaré de son côté le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

La veille au soir, les Kurdes et leurs alliés rebelles s’étaient emparés d’un camp militaire mitoyen, à 56 km au nord de Raqa, capitale de facto du « califat » proclamé par l’EI sur les territoires sous son contrôle en Syrie et en Irak.

Les YPG sont aidées dans leur offensive par des raids de la coalition internationale, qui ont fait selon l’OSDH au moins 26 morts parmi les djihadistes lundi.

Ces deux nouvelles victoires sont capitales car Aïn Issa et le camp militaire dominent une route cruciale tant pour les Kurdes que pour les djihadistes. Elle permet en effet à celui qui la contrôle de relier aisément les territoires dans les provinces d’Alep, à l’ouest, à ceux de Hassaké, à l’est de Raqa.

« Ces deux positions sont aussi situées sur la ligne de défense de Raqa et cela soumet l’EI à une forte pression », a relevé Mutlu Civiroglu, un expert des affaires kurdes.

« Jusqu’à la lisière de Raqa, les lignes de défense de l’EI sont fragiles désormais car il n’y a pas de fortifications dans ce secteur qui est un terrain plat », a noté Rami Abdel Rahmane.

Redur Khalil a souligné que les relations « étaient excellentes » avec la coalition conduite par les Etats-Unis, tout en réaffirmant que les Kurdes –réputés pour leur organisation et leur discipline– avaient besoin de meilleures armes pour l’emporter sur les djihadistes.

Selon l’OSDH, les raids de la coalition, depuis leur début en septembre 2014, ont tué 2.896 personnes, dont 2.628 membres de l’EI et 105 du groupe djihadiste rival, le Front al-Nosra.

Redur Khalil a refusé de dire quelle serait la prochaine cible des Kurdes et de leurs alliés, mais a assuré que Raqa –que l’EI va défendre bec et ongles– n’était pas un objectif à court terme.

« Raqa est loin et bien défendue. La prendre nécessite des forces et des armes importantes », a-t-il dit.

Nouvelle vidéo insoutenable

Accusé de crimes contre l’humanité par l’ONU, l’EI a de nouveau montré sa cruauté en diffusant mardi l’exécution de 16 hommes présentés comme des « espions », dont certains meurent noyés dans une cage plongée dans une piscine.

Depuis qu’il s’est emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, l’EI a diffusé de nombreuses vidéos insoutenables, qui sont devenues sa principale arme de propagande.

Dans le centre de la Syrie, les djihadistes ont par ailleurs détruit deux anciens mausolées islamiques dans la région de Palmyre, tombée dans leur escarcelle il y a un mois, selon le directeur des Antiquités syriennes Maamoun Abdel Karim.

Le wahhabisme, version rigoriste de l’islam sunnite, proscrit formellement la visite de sites archéologiques, religieux ou historiques, assimilée à de l’idolâtrie.

Pour renforcer leur coopération contre l’EI, l’Iran, l’Irak et la Syrie se réuniront la semaine prochaine à Bagdad, a annoncé le conseiller du guide suprême iranien pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, après une rencontre avec le ministre syrien de l’Intérieur, Mohammad al-Chaar.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...