Les audiences pour les familles menacées d’expulsion reprendront le 15 juin
La cour de Tel Aviv se réunira après l'interruption, pour cause de COVID, des audiences pour les 39 familles sans statut légal - dont de nombreux enfants nés en Israël
Les audiences concernant les cas de 39 familles ayant reçu une ordonnance d’expulsion – elles sont en majorité originaires des Philippines – débuteront à Tel Aviv le 15 juin après une pause de presque deux ans, qui a été entraînée en grande partie par les reports liés à l’épidémie de COVID-19.
« Tout s’est arrêté pendant le coronavirus », a dit un porte-parole du groupe United Children of Israel, une organisation qui a été créée par des mères philippines et leurs soutiens israéliens pour lutter contre les expulsions. « Les familles qui ont été arrêtées ont été libérées sous caution. Depuis le dernier confinement, le troisième, la plupart d’entre elles se présentent régulièrement au bureau de l’Autorité de la population et de l’immigration ».
Sur ces 39 familles, la majorité est d’origine philippine. D’autres viennent d’Inde, du Nigeria et du Ghana.
Le dossier avait dominé les gros titres, en 2019, avec des raids des responsables de l’immigration dans les foyers et des images montrant des mères et des enfants désorientés, sanglotant, rassemblant leurs effets personnels avant d’être emmenés dans des cellules, à proximité de l’aéroport Ben-Gurion.
Des camarades d’école des enfants et leurs parents avaient organisé de multiples mouvements de protestation et un grand nombre de personnalités publiques avaient fait part de leur soutien à cette cause.
Le porte-parole a indiqué que les familles menacées d’expulsion représentaient moins de 2 000 personnes, avec plus de 1 000 enfants, dont le plus âgé a 16 ans.
« Nous réclamons la citoyenneté pour les enfants qui sont nés ici et pour leurs parents qui sont venus légalement et qui ont réellement servi la population de ce pays », a ajouté le porte-parole.
Au mois de décembre 2020, 55 705 travailleurs sociaux étrangers vivaient légalement en Israël, selon les statistiques du gouvernement, et 13 251 y résidaient illégalement. Sur tous ceux dont la situation avait été régularisée, 36 % étaient des Philippins, 24 % étaient des Indiens et 13 % étaient d’origine moldave.
De 2017 à 2019, 409 Philippins avaient été expulsés contre 37 en 2020, année du coronavirus. Pendant ces quatre années, 869 avaient quitté le territoire « de leur plein gré ».
Tous ces travailleurs, à l’origine, avaient été particulièrement recherchés par les autorités israéliennes qui avaient besoin de personnels en capacité de s’occuper d’une population croissante de personnes âgées qui, les avancées médicales aidant, vivent dorénavant plus longtemps. Ils étaient entrés légalement dans le pays, payant souvent des frais illégaux considérables pour jouir de ce privilège.
Les travailleuses étrangères qui tombent enceintes doivent renvoyer leurs nouveaux-nés dans leurs pays d’origine, ou il ne leur sera pas possible de renouveler leur visa. Elles peuvent par ailleurs être arrêtés si elles ne quittent pas le pays de leur plein gré.
De nombreuses femmes se trouvant dans cette situation sont néanmoins restées illégalement, assumant des emplois ingrats, pour pouvoir offrir à leurs enfants une vie meilleure que celle qu’ils vivraient aux Philippines.
Leurs enfants ont grandi comme Israéliens.
En 2006 et en 2009, le ministère de l’Intérieur avait menacé d’expulser des centaines d’enfants nés en Israël dont les parents philippins étaient restés sur le territoire au-delà de la période autorisée par leur visa de travail. Une vive indignation publique avait entraîné, en 2010, la « décision humanitaire » de permettre à environ 1 000 enfants en âge d’être scolarisés – tous ceux qui étaient nés jusqu’en 2004 – de rester dans le pays. La majorité d’entre eux ont finalement servi au sein de l’armée israélienne et ont obtenu la citoyenneté.
Même s’il n’y avait pas eu de changement dans la loi, l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières avait largement honoré cette décision depuis neuf ans.
Puis, au cours du printemps 2019, les officiels de l’immigration ont commencé à informer les travailleurs sociaux dont les visas avaient expiré qu’ils allaient être expulsés.
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