Les bureaux d’El Al à Paris vandalisés avec des graffitis pro-palestiniens
Les mots 'Free Palestine' et 'El Al airline genocide' ont été tagués sur la façade de l'agence ; la compagnie et des responsables israéliens dénoncent un acte grave et antisémite
Les bureaux parisiens de la compagnie aérienne israélienne El Al ont été vandalisés dans la nuit de mercredi à jeudi, recouvert de peinture rouge et de graffitis pro-palestiniens, selon la compagnie et des responsables israéliens.
Des journalistes de l’AFP ont constaté jeudi matin des inscriptions « Palestine vivra, Palestine vaincra », « Fuck zionism » ou encore « El Al Genocide Airline » sur les murs entourant la porte d’entrée de l’immeuble abritant les locaux de la compagnie, rue de Turbigo (IIIe arrondissement), dans le centre de la capitale.
La façade et le sol avaient été aspergés de peinture rouge.
Des inscriptions rouges en arabe ont également été découvertes sur la façade de la banque voisine de l’immeuble, selon une source policière.
Le parquet de Paris a indiqué à l’AFP avoir ouvert une enquête pour des faits de dégradation ou de détérioration du bien d’autrui commis en réunion en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion. Elle a été confiée au commissariat local.
Dans un communiqué, El Al a précisé que les bureaux étaient vides au moment des faits, et qu’aucun employé n’avait été mis en danger. La compagnie indique coopérer avec les autorités locales face à cet acte qualifié de « grave ».
« El Al est fier du drapeau israélien qui figure sur l’empennage de ses avions et condamne toute forme de violence, en particulier celles à caractère antisémite », ajoute le communiqué.
La ministre des Transports, Miri Regev, a réagi sur X, qualifiant les faits « d’acte barbare et violent », qu’elle attribue à l’annonce par le président Emmanuel Macron d’une reconnaissance prochaine de l’État palestinien. Elle a réclamé que les auteurs soient poursuivis.
Les locaux de la compagnie aérienne israélienne EL AL à Paris ont été vandalisés cette nuit.
Dans un climat d’incitation violente et débridée par certains élus français, la question est : où est la limite et seront-ils contraints de rendre des comptes ? pic.twitter.com/EOl1flE2qR— Assaf Moran ???????? ????️ (@AssafMoran) August 7, 2025
« Citoyens français, réveillez-vous », a-t-elle écrit. « Aujourd’hui c’est El Al, demain ce sera Air France. »
L’ambassade d’Israël en France a également publié des images des dégradations et dénoncé « un climat d’incitation à la violence et à la démesure de la part de certains élus français », sans citer de noms.
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, s’est rendu devant la façade dégradée en fin de matinée, après, dit-il, « s’être entretenu avec le ministre de l’Intérieur ».
« C’est un acte de terrorisme parce que ça a pour but de terroriser, de terroriser les employés d’El Al, de terroriser les citoyens israéliens, de leur faire peur et d’essayer de leur faire sentir qu’ils ne sont pas les bienvenus, que ce soit en France ou en dehors de leur pays », a déclaré à la presse le diplomate.
L’envoyé et l’ambassade d’Israël à Paris « sont en contact permanent depuis ce matin avec la direction de la station parisienne d’El Al », a-t-il précisé.
Les autorités françaises n’ont pas commenté cette attaque.
Dans un autre message publié sur X, le ministère appelle le gouvernement français « à traduire les auteurs en justice et à assurer la sécurité du personnel et des bureaux de la compagnie ».
« Les attaques antisémites en France doivent être traitées avec la plus grande sévérité », ajoute le ministère.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a dénoncé sur X « une nouvelle manifestation d’antisémitisme décomplexé », qu’il a qualifiée d' »inadmissible ».
Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a lui condamné sur X des « actes de vandalisme », soulignant que « les actes de haine et d’antisémitisme n’ont pas leur place dans notre République ».
Cet incident s’inscrit dans une série d’actes impliquant des compagnies aériennes ou des voyageurs israéliens, dans un contexte de tensions accrues liées à la guerre à Gaza. Plusieurs de ces faits sont également perçus par certains comme relevant d’actes antisémites.
L’AFP a contribué à cet article.
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