Les chefs de l’opposition promettent un filet de sécurité pour le plan Trump
Ils projettent toutefois de renverser le gouvernement ; Gadi Eizenkot regrette le manque d'unité de l'opposition sur le plan des « idées ou autour du nom de celui qui dirigera »
À l’issue d’une réunion, les dirigeants du bloc dit du changement ont pressé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de mettre en œuvre le plan du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza et faire libérer les otages, se ralliant ainsi à la proposition de « filet de sécurité » politique du chef de l’opposition Yair Lapid.
Le bloc en question se compose de partis de la droite, du centre et de la gauche désireux d’offrir une alternative à la coalition d’extrême droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Ont pris part à cette réunion Yair Lapid, l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, Avigdor Liberman, président du parti Yisrael Beytenu, Gadi Eizenkot, chef du parti « Yashar ! Avec Eizenkot » et enfin Yair Golan, chef du parti HaDemocratim.
S’ils sont alignés sur le bloc, Bennett et Gantz n’ont pas expressément déclaré qu’ils ne siégeraient pas dans un gouvernement dirigé par Netanyahu.
Bennett n’est pas membre de la Knesset, mais son nouveau parti – baptisé Bennett 2026 – arrive régulièrement en tête ou près de la tête des sondages d’opinion, aux côtés du Likud de Netanyahu.
Dans une déclaration commune, les chefs du bloc ont indiqué qu’ils avaient discuté de « la coordination des mesures visant à renverser le gouvernement dès la prochaine session [parlementaire] d’hiver et à mettre en place un gouvernement de réparation et de guérison en Israël ».
La Knesset a entamé, le 27 juillet, une pause de près de trois mois. Elle se réunira à nouveau le 19 octobre.
« Les dirigeants des partis ont appelé à la mise en œuvre du plan du président Trump visant à ramener les 48 otages et ils ont insisté sur leur proposition d’un filet de sécurité pour l’accord », a ajouté le communiqué.
Au début de la semaine, Lapid a réitéré une offre de longue date visant à apporter un soutien politique au Premier ministre en faveur d’un accord, expliquant qu’il était prêt à convenir d’une date pour les prochaines élections et à donner au Premier ministre une « assurance contre ses partenaires extrémistes et irresponsables », en référence au ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite Itamar Ben Gvir et au ministre des Finances Bezalel Smotrich, et à leurs menaces de renverser le gouvernement au sujet d’un accord qui mettrait fin à la guerre.
Le bloc du changement a également déclaré qu’une réunion de suivi avait déjà été programmée, mais sa déclaration n’a pas précisé de date. Les participants n’ont pas diffusé de photo de leur session.
Suite à une réunion à laquelle avaient participé la majorité des dirigeants du bloc – mais pas tous – le mois dernier, il avait été annoncé qu’ils allaient créer « un forum permanent » visant à rassembler les différentes factions anti-Netanyahu.
Ils avaient également déclaré à l’époque qu’ils créeraient un « organisme professionnel » qui sera chargé de formuler « les lignes directrices fondamentales du prochain gouvernement » – telles que l’imposition de limites au mandat du Premier ministre, l’adoption d’une constitution nationale, la défense de l’indépendance du système judiciaire, la consécration du service militaire universel et la « préservation du caractère de l’État d’Israël en tant qu’État juif, démocratique et sioniste ».
Selon la chaîne publique Kan, Gantz et Bennett, qui avaient tous deux manqué la réunion précédente, ont convenu mercredi d’envoyer des représentants lors de la rencontre.
Toutefois, le bloc semble moins uni que ne le laissent entendre ses déclarations communes. Eisenkot se serait ainsi plaint, avant la réunion de mercredi, que l’opposition n’était pas unie en termes « d’idées, ni concernant le fait de savoir qui dirigera ».
« L’objectif de ces réunions est d’établir des principes directeurs communs, ainsi que des règles pour la sélection du leader, mais chaque chef de parti se considère comme un candidat au poste de Premier ministre », a déclaré Eisenkot lors d’une réunion privée la semaine dernière, selon la chaîne d’information N12.
Alors que Bennett est en tête dans les sondages, Liberman s’est présenté comme candidat au poste de Premier ministre dans une interview accordée cette semaine au site d’information Ynet. Le chef de Yisrael Beytenu a été critiqué par Gantz, qui lui a reproché d’avoir exclu de siéger dans un gouvernement avec Netanyahu ou le parti islamiste Raam.
S’il a annoncé la création de son propre parti politique, Eisenkot espérerait toujours s’unir avec d’autres factions de l’opposition avant les prochaines élections législatives.
Selon Kan, Eisenkot estime que la création de son propre parti lui permettra de maintenir son élan politique et il prévoit de reporter toute décision finale concernant une fusion jusqu’au dernier moment. Lapid et Bennett seraient toujours intéressés par une alliance avec Eisenkot.
L’ancien ministre de la Communication Yoaz Hendel, qui a récemment annoncé la création d’un nouveau parti politique qu’il a baptisé HaMiluimnikim (« Les réservistes ») et qui se présentera aux prochaines élections à la Knesset « entre les blocs », refusant de s’aligner soit sur le bloc de Netanyahu, soit sur le bloc rival du changement, était absent de la réunion.
À la suite de la réunion de mercredi, le parti de Hendel a publié une déclaration affirmant que la division des Israéliens en blocs rivaux « nous déchire de l’intérieur » et que « pour sauver Israël, nous ne devons pas permettre aux partis de forcer à nouveau les citoyens à choisir entre des gouvernements qui s’appuient nécessairement sur des partis non sionistes ».
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