Les commentaires de la TV suisse au sujet de l’équipe olympique israélienne de bobsleigh étaient « discriminatoires »

L'autorité dit avoir donné suite aux plaintes concernant l'appel lancé sur la chaîne publique à exclure Adam Edelman du fait de ses commentaires sur la guerre à Gaza ; selon elle, ces propos « avaient été préparé à l'avance »

Les Israéliens Adam Edelman, à gauche, et Menachem Chen célèbrent leur performance à l'issue d'une descente de bobsleigh à deux lors des Jeux olympiques d'hiver de 2026, à Cortina d'Ampezzo, en Italie, le 16 février 2026. (AP Photo/Alessandra Tarantino)

L’autorité suisse chargée des plaintes en matière d’audiovisuel a annoncé vendredi qu’un commentaire télévisé qui remettait en cause la légitimité d’un membre de l’équipe olympique de bobsleigh israélienne durant les Jeux d’hiver de Milan-Cortina était discriminatoire.

L’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a déclaré avoir donné suite à quatre plaintes concernant ce commentaire qui avait été diffusé sur la chaîne publique suisse romande RTS et portant sur Adam Edelman.

Alors qu’Adam Edelman pilotait l’équipage israélien de bobsleigh à deux, le commentateur de la RTS, Stefan Renna, avait cité des écrits qui avaient été publiés par l’athlète sur les réseaux sociaux en soutien à l’armée israélienne pendant le conflit à Gaza – une guerre qui avait été déclenchée par le pogrom perpétré le 7 octobre 2023 par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le commentateur avait déclaré qu’Edelman aurait dû être exclu des Jeux.

Lors de la retransmission en direct de la descente de l’équipe israélienne aux Jeux olympiques, le 16 février, le commentateur de RTS2 « a passé toute la descente à commenter les propos tenus sur les réseaux sociaux » par Edelman au sujet de la guerre à Gaza, a indiqué l’AIEP.

L’autorité s’est prononcée à cinq voix contre quatre en faveur de l’acceptation des plaintes.

L’Israélien AJ Edelman saluant le public à la fin d’une course de bobsleigh à deux lors des Jeux olympiques d’hiver de 2026, à Cortina d’Ampezzo, en Italie, le 16 février 2026. (Crédit : Alessandra Tarantino/AP)

« [La] majorité des membres est parvenue à la conclusion que ces propos, qui avaient probablement été préparés à l’avance et qui laissaient entendre que l’athlète israélien devait être exclu des Jeux Olympiques en raison de ses opinions politiques, avaient véhiculé un message stigmatisant et donc discriminatoire à son égard », a indiqué l’AIEP dans un communiqué.

« Ce message était stigmatisant et donc discriminatoire à son égard, contrairement à ceux qui avaient été par ailleurs adressés aux 25 autres athlètes qui prenaient part à la compétition ce jour-là. »

« Les membres de la Commission ont estimé que le commentateur sportif avait appliqué un traitement inégalitaire à l’athlète israélien, enfreignant ainsi l’interdiction de toute discrimination. »

L’AIEP rendra publique ultérieurement la motivation écrite de sa décision, dans laquelle elle détaillera les mesures qu’elle a recommandées.

Lorsque l’AIEP constate une infraction aux règles, elle enjoint généralement au diffuseur de prendre « des dispositions pour empêcher toute nouvelle infraction » et de rendre compte par la suite des mesures mises en œuvre.

À l’époque, Edelman avait qualifié ce commentaire de « simple diatribe » et il avait déclaré n’y accorder aucun crédit.

Les Israéliens Adam Edelman, à gauche, et Menachem Chen, à droite, franchissent la ligne d’arrivée lors d’une épreuve de bobsleigh à deux aux Jeux olympiques d’hiver de 2026, à Cortina d’Ampezzo, en Italie, le 17 février 2026. (AP Photo/Aijaz Rahi)

L’ambassade d’Israël en Suisse s’était dite « profondément consternée par cet abus flagrant » » et elle avait exigé des mesures fermes, ainsi que des excuses sans équivoque.

La RTS a retiré la séquence de son site web.

Composée de neuf membres, l’AIEP statue sur les plaintes déposées contre des émissions de radio et de télévision, après examen des éventuelles violations des lois en vigueur.

« Cela inclut le respect des exigences en matière de décence et de diversité, le respect des droits fondamentaux, la protection des minorités et l’interdiction de glorifier ou de minimiser la violence », précise-t-elle.

Les décisions de l’AIEP peuvent faire l’objet d’un recours directement devant le Tribunal fédéral suisse.

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