Les Émirats arabes unis réduisent les bourses d’études au Royaume-Uni, par crainte des Frères musulmans
Selon une source du Financial Times, les Émiratis 'ne veulent pas que leurs enfants se radicalisent sur les campus' ; les dirigeants favorables au commerce voient dans l'islam politique une menace absolue
Les Émirats arabes unis ont revu à la baisse les aides allouées aux ressortissants émiratis pour étudier au Royaume-Uni, officiellement de crainte qu’ils ne s’y radicalisent sous l’influence des Frères musulmans, expliquent les médias britanniques.
Ce pays autocratique plutôt libéral et favorable aux affaires s’est attiré des personnes et des capitaux venus du monde entier, faisant de cet État du Golfe riche en pétrole une véritable puissance économique.
Or, les autorités émiraties voient dans des groupes comme celui des Frères musulmans, favorables à une société régie par les principes religieux islamiques, une menace existentielle, et tentent d’obtenir des pays occidentaux qu’ils classent les Frères musulmans comme étant une organisation terroriste.
Le mois dernier, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré que la question faisait l’objet d’un « examen approfondi ».
Citant des personnes proches du sujet, le Financial Times a rapporté jeudi que les Émirats arabes unis avaient, en juin dernier, exclu de fameuses universités britanniques de la liste des établissements pour lesquels les étudiants émiratis pouvaient bénéficier de bourses publiques.
Cette liste comprendrait toujours des universités américaines, australiennes ou encore israéliennes, en vertu de l’accord de normalisation dit des Accords d’Abraham, négocié en 2020 par les États-Unis.
Lorsque les autorités britanniques ont interrogé leurs homologues émiraties au sujet de cette exclusion, ces dernières leur ont expliqué qu’il ne s’agissait aucunement d’un oubli, a expliqué au Financial Times une personne proche du dossier.
« [Les Émirats arabes unis] ne veulent pas que leurs enfants se radicalisent sur les campus », a déclaré cette personne, avant d’ajouter que les autorités britanniques avaient réagi en insistant sur l’importance de la liberté académique.
Selon cette même source, avant même la publication de cette liste, en juin dernier, les Émirats arabes unis refusaient déjà des bourses à ses étudiants désireux d’étudier au Royaume-Uni, sauf dans le cas des étudiants qui avaient déjà commencé les cours.
Selon des membres des autorités britanniques cités par le média, il n’est pas certain que toutes les universités britanniques aient été exclues de la liste, des militaires émiratis obtenant encore des bourses pour étudier en Grande-Bretagne, sans compter que les familles émiraties les plus fortunées continuaient d’envoyer leurs enfants étudier en Grande-Bretagne en assumant elles-mêmes les frais.
« Dans le Golfe, certains de nos meilleurs alliés musulmans pensent que l’endoctrinement islamiste dans certaines parties de l’Occident est trop dangereux », a écrit le vice-président américain JD Vance sur X.
Cela fait maintenant des années que les Émirats arabes unis remettent en question la capacité de la Grande-Bretagne et d’autres pays à interdire les Frères musulmans, et ces douze derniers mois, ils ont accueilli Nigel Farage et Tommy Robinson, des hommes d’extrême droite britanniques qui accusent les musulmans de vouloir prendre le contrôle en Grande-Bretagne.
Selon le Financial Times, la décision des Émirats de revoir à la baisse les bourses d’études pour le Royaume-Uni est par ailleurs liée à d’autres raisons, à commencer par des désaccords concernant l’offre de rachat du journal britannique Daily Telegraph en novembre 2023, des soupçons de corruption envers le Manchester City, l’équipe anglaise de football de Premier League détenue par les Émirats arabes unis, et le soutien présumé des Émirats arabes unis aux Forces de soutien rapide (FSR), qui ont commis des atrocités lors de la guerre civile contre l’armée soudanaise sous influence des Frères musulmans.