Les Émirats confirment que le copilote de flydubai prévoyait un « attentat-suicide » contre l’aéroport Ben Gurion
Le procureur général a affirmé que Hamam al-Hammami avait profité de deux vols précédents à destination de Tel Aviv pour 'se familiariser avec l’itinéraire', et qu'il avait consulté des contenus pro-terroristes
Les Émirats arabes unis ont fait savoir, dans la journée de vendredi, que le copilote omanais du vol 1073 de flydubai avait prévu de prendre le contrôle de l’appareil, le 30 septembre dernier, et qu’il voulait le faire s’écraser sur un terminal de l’aéroport Ben Gurion en Israël dans le cadre d’un attentat-suicide, une attaque inspirée du 11 septembre 2001.
Il devait échouer dans ses desseins, son collègue pilote et plusieurs passagers ayant réussi à le neutraliser.
Le communiqué qui a été relayé par l’agence de presse officielle des Émirats arabes unis a confirmé les multiples informations parues à ce sujet depuis le début de la semaine.
La déclaration qui a été faite par le procureur général Hamad Saif al-Shamsi n’a pas paru impliquer flydubai et elle a constitué le récit le plus détaillé à ce jour à avoir été fourni par le parquet sur ce qui s’est, semble-t-il, passé.
Flydubai n’a pas fait de commentaire suite à cette déclaration.
Al-Shamsi a expliqué que le suspect avait profité de deux vols précédents à destination de Tel Aviv pour « se familiariser avec l’itinéraire de vol et avec l’aéroport » avant de tenter de lancer son attaque.
Le suspect, Hamam al-Hammami, a avoué avoir agi seul, ont indiqué les Émirats arabes unis, mais le procureur général a précisé qu’une enquête était toujours en cours pour déterminer s’il avait pu avoir d’éventuels complices.
Al-Shamsi a ajouté que le suspect avait déclaré aux enquêteurs qu’il s’était préparé psychologiquement et physiquement à l’attaque en visionnant des contenus faisant l’apologie du terrorisme et en prenant des cours de boxe.
Le procureur général a déclaré que le suspect avait travaillé pour plusieurs compagnies aériennes dans différents pays par le passé – notamment pour Oman Air et Royal Air Maroc – avant de rejoindre flydubai au mois de janvier 2026.
L’enquête a révélé qu’il y avait eu des signes qui avaient laissé penser que le suspect était en train de dériver vers « l’extrémisme et le terrorisme » dès 2017, alors qu’il faisait des études en Australie.
Royal Air Maroc a fait savoir que l’homme avait suivi une formation de trois mois au sein de son entreprise en 2025, précisant que sa candidature pour travailler pour la compagnie aérienne par la suite avait été rejetée.
Des responsables du Shin Bet se trouvent aux Émirats arabes unis pour participer à l’interrogatoire du pilote.
Les enquêteurs ont examiné les procédures de recrutement de flydubai ; ils ont constaté que le suspect remplissait toutes les conditions professionnelles et de sécurité requises. Il possédait notamment une licence de pilotage et il avait présenté un certificat de bonne conduite.
« Toutefois, aucune de ces procédures n’avait révélé le moindre indice de ses opinions extrémistes ni de son intention de mener à bien un complot terroriste », a ajouté al-Shamsi.
L’avion se trouvait dans l’espace aérien saoudien quand le copilote avait attaqué le commandant de bord avec une hache de secours, un outil qui est généralement conservé dans le cockpit pour être utilisé en cas d’urgence.
Le commandant de bord indien, Smit Machchhar, gravement blessé, était parvenu à ouvrir la porte du cockpit. Hammami avait ensuite été maîtrisé par des passagers israéliens et par deux autres pilotes qui se trouvaient à bord, et l’avion avait atterri sans encombre en Arabie saoudite. Le suspect avait ensuite été transféré aux Émirats arabes unis, pays d’origine de flydubai.
Au cours de l’incident, l’avion de ligne avait fait une chute de 16 000 pieds (4 900 mètres) en 30 secondes. Selon les enquêteurs, lorsque Hammami avait compris que son projet d’atteindre Tel Aviv était voué à l’échec, il avait pris la décision de mettre l’avion en piqué pour tenter de le faire s’écraser. Des passagers ont raconté qu’il avait essayé de détruire l’équipement du poste de pilotage alors qu’ils luttaient pour le maîtriser.
Selon les médias israéliens, Hammami s’était rendu à plusieurs reprises à l’aéroport Ben Gurion, ces derniers mois, après y avoir atterri avec flydubai. Il a expliqué aux enquêteurs que lors de son séjour survenu au mois de juin dernier, il s’était entièrement consacré à la collecte de renseignements et à la planification de son attaque.
Il avait alors prévu de passer à l’acte au mois de juillet, mais il avait finalement annulé son projet au dernier moment, car il était ami avec l’un des membres d’équipage de ce vol.
Hammami aurait déclaré aux enquêteurs : « J’ai cherché quelle compagnie aérienne desservait Tel Aviv. C’est pour ça j’ai choisi flydubai. J’avais tout prévu avant même d’être accepté. »
Le site d’information Ynet a cité dimanche les propos qui ont été tenus par une source haut placée des Émirats arabes unis, qui a fait savoir que Hammami devrait être condamné à la peine de mort. L’article a précisé qu’Abu Dhabi souhaitait lui infliger la peine la plus sévère possible.