Les États-Unis annulent une réunion avec le chef des armées libanaises suite à ses critiques envers Israël

Selon un responsable libanais, cette annulation 'soudaine et choquante' fait suite aux critiques de l'armée libanaise envers Israël pour 'violation de la souveraineté libanaise' en raison de frappes contre le Hezbollah

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise donne à voir Michel Issa, nouvel ambassadeur des Etats-Unis au Liban, au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 novembre 2025. (DOCUMENT / Présidence libanaise / AFP)

BEYROUTH — Les États-Unis ont annulé les réunions prévues à Washington avec le chef des forces armées libanaises, le général Rudolf Haykal, suite aux déclarations de l’armée libanaise, dimanche, faiant état de tensions frontalières avec Israël, ont déclaré lundi des membres des autorités libanaises proches du dossier.

Un membre des servoces de sécurité libanais a déclaré à Reuters que ces annulations « soudaines et choquantes » avaient conduit Haykal à annuler son déplacement. Haykal aurait dû arriver à Washington mardi pour participer à des réunions sur l’assistance militaire et la coopération en matière de sécurité aux frontières.

L’ambassade des États-Unis à Beyrouth n’a pas encore réagi.

Washington est un soutien clé de l’armée libanaise, à laquelle elle a versé plus de 3 milliards de dollars d’aide ces vingt dernières années afin de soutenir les institutions d’un pays dans lequel le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, exerce de longue date une forte influence.

Dans la déclaration de dimanche, l’armée accuse Israël « d’avoir enfreint à plusieurs reprises la souveraineté libanaise, [de] provoquer de l’instabilité et [d’]entraver le déploiement de l’armée dans le sud. » Elle condamne par ailleurs la « dernière attaque » contre une patrouille de maintien de la paix de la FINUL, qualifiée par Tsahal d’accidentelle, et estime que les actions israéliennes requièrent une « action immédiate » de la part d’États amis en raison du risque de « dangereuse escalade ».

Des colonnes de fumée s’élèvent dans le viel après une frappe aérienne israélienne dans le village de Tayr Debba, dans le sud-Liban, le 6 novembre 2025. (Crédit : AP Photo/Mohammad Zaatari)

L’armée israélienne reste déployée dans cinq postes au Liban et mène fréquemment des frappes aériennes dans le sud du pays, selon elle contre des agents du Hezbollah.

Le Hezbollah a été fortement affaibli lors de la récente guerre contre Israël, qui a commencé lorsque le groupe terroriste a commencé à tirer des missiles sur l’État juif le 8 octobre 2023, au lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste du Hamas en Israël, déclencheur de la guerre dans l’enclave.

Après près d’un an d’escarmouches quotidiennes, Israël a mené en septembre 2024 d’importantes frappes aériennes et une incursion terrestre plus limitée dans le sud-Liban. Un cessez-le-feu, entré en vigueur deux mois plus tard avec un Hezbollah très affaibli, autorise Israël à mener des frappes en cas de menaces imminentes.

Selon les termes de la trêve négociée par les États-Unis et la France, les forces armées libanaises sont supposées confisquer « toutes les armes non autorisées », en commençant par la zone située au sud du fleuve Litani — la zone la plus proche d’Israël.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que l’accord ne s’appliquait qu’à la zone au sud du Litani.

Israël reproche pour sa part au Hezbollah de se réarmer et le gouvernement libanais accuse Israël d’enfreindre l’accord en ne se retirant pas et en continuant à mener des frappes aériennes.

Des membres et des partisans du Hezbollah levant le poing et scandant des slogans alors qu’ils défilent dans le cortège funèbre de cinq terroristes tués lors de frappes israéliennes ces derniers jours, à Nabatieh, au sud-Liban, le 2 novembre 2025. (Crédit : Mohammad Zaatari/AP Photo)

La sénatrice républicaine américaine Joni Ernst s’est dite « déçue » par les prises de position de l’armée libanaise. « (C’est) un partenaire stratégique et, comme je l’ai évoqué avec le chef d’État-major de l’armée, Israël a donné au Liban une vraie chance de se débarrasser des terroristes du Hezbollah soutenus par l’Iran.

« Au lieu de saisir cette chance et de travailler ensemble pour désarmer le Hezbollah », a ajouté Ernst, « le chef d’État-major de l’armée fait honteusement porter la faute à Israël. »

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